Il s’agit de l’un des plus beaux de France. Installé au cœur du Vieux-Nice, ouvert sur la Méditerranée, le marché du cours Saleya dévoile une multitude de stands : artisanat, fruits et légumes, fleurs, spécialités gourmandes... Comment évolue ce lieu emblématique, d’après celles et ceux qui le font vivre ?
Les bouquets de fleurs, les odeurs de socca ou encore de pissaladière… À quelques pas de la Promenade des Anglais, le Cours Saleya est l’une des symboles de l’identité niçoise.
Véritable espace de vie pour les habitants, il accueille plus d’une centaine de producteurs, de vendeurs de fruits et légumes ou encore de fleurs… Aujourd’hui, il s’agit d’un haut lieu touristique, réputé dans le monde entier. Cependant, au fil des années, quelques difficultés pointent le bout de leur nez, d’après les habitués.

La clientèle niçoise moins fidèle ?
Humbert est horticulteur.«Mes parents étaient maraîchers, moi je suis producteur de plantes en pot ». Installé sur le Cours Saleya depuis 1978, il estime que « la clientèle niçoise ne vient plus. À l’origine, il y avait beaucoup de commerces d’alimentation, avec la pêcherie, fromagerie… Ils ont tous disparu, au profit des restaurants ».
Autre petit point noir, d’après lui : l’ambiance. « Avant, on s’entendait tous très bien. Il y avait une belle mentalité, mais elle s’est dégradée. Avec de plus en plus de conflits…»

Comme sur bien des marchés, des tensions entre fleuristes, maraîchers et restaurateurs éclatent sporadiquement.«Il y a une dizaine d’années, certains se sont fait payer par des restaurateurs pour qu’ils ne viennent pas, comme ça, ils pouvaient mettre leur terrasse ».
Humbert a, quant à lui, reçu des menaces. « Et mon camion a été brûlé chez moi en 2013 ». Une situation qui ne semble pas s’améliorer… « Il y a encore un mois, deux personnes se sont disputées suite à la mauvaise disposition des stands. Quand on voit que certain se mettent avec la barre de fer pour frapper leur voisin… Ce n’est pas normal ».
Soucis pour se garer
Au niveau financier, des difficultés se font aussi ressentir. Mandy a rejoint sa famille en 2020 sur le Cours Saleya : « on est implantés depuis plus de quarante ans et on propose essentiellement de la fleur coupée » détaille-t-elle.
« Le parking où l’on se gare a augmenté de soixante-dix euros chaque mois. Pourtant, son état n’est pas bon du tout, ce n’est pas propre. Le box, où l’on stocke le matériel, est lui aussi en hausse ».

Toutefois, certains gardent un regard très positif.
Gilbert du stand Quirino est spécialisé dans les pâtes fraîches et les raviolis niçois. Installé depuis huit ans, il en est ravi : « on travaille en plein air, dans un cadre magnifique ».
En plus « on crée des liens sociaux avec notre clientèle qui est charmante : des touristes reviennent nous voir, et parvient à garder des locaux ».
Pour Nadège, qui vend des fruits et légumes de Saint-Laurent-du-Var, « c’est vrai qu’il y a de moins en moins de monde (en dehors de la haute saison, ndlr), c’est compliqué à ce niveau-là. En revanche, le cadre est idéal et il y a une bonne ambiance. Ça, c’est sympa !»



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