Ce dimanche 30 juin, le Rassemblement national est arrivé en tête, devançant le Nouveau Front populaire et le camp présidentiel. À Nice, nous avons suivi le premier tour des élections législatives anticipées depuis le QG de la gauche. Récit.
Les yeux rivés sur les téléphones, tous attendent d’en savoir plus. À Nice, la gauche avait rendez-vous dans un bar de la vieille ville pour suivre le premier tour des législatives anticipées. 20 heures. Les premières estimations nationales tombent : le RN est arrivé en tête avec 34% des voix. « On s’y attendait », « je reste choqué », « pas totalement surprise »… L’ambiance dans le QG est mitigée, la crainte se fait sentir. Mais ici, « on attend encore d’y voir plus clair ».
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La soirée se poursuit, avec l’arrivée des résultats régionaux. Éric Ciotti arrive en tête avec 41,04% des voix dans la 1ère circonscription des Alpes-Maritimes. Il affrontera Olivier Salerno, candidat du Nouveau Front populaire, qui se qualifie pour le second tour avec 26,62% des suffrages. Graig Monetti (Ensemble) a, quant à lui, récolté 22,79% des voix.
« Message de résistance »
Les discussions fusent dans le bar, mais aussi à l’extérieur. La télévision ne fonctionne pas, on se rabat encore une fois sur les smartphones. « T’as plus d’infos de ton côté ?», « moi je capte mal»… Maya est sur place : « le moment est historique et gravissime. Avoir l’extrême droite aussi forte, c’est dramatique pour la France. J’ai voté dans la première circo, contre Ciotti, qui a osé l’innommable. Il est premier, mais le Front Populaire suit. Ça me rassure. Pour moi, c’est un message de résistance ».

22h30. Les militants se mettent à chanter « on est là, même si Bardella ne veut pas, nous on est là ». « À présent, tout est possible » disent certains. Robert Injey, ancien dirigeant du PCF et militant actif du rassemblement citoyen Viva estime que « les résultats sont très intéressants pour Olivier Salerno ».
« On a un second tour qui peut être très ouvert. D’autant plus si une partie de l’électorat de centre-droit, ou même de la droite sociale, se décide à utiliser le vote NFP pour faire barrage au RN ». Ce qui n’arrivera pas : Graig Monetti, soutenu par Christian Estrosi, se maintiendra, en triangulaire, apprend-on lundi midi.
Dans la 3ème circonscription, Bernard Chaix (LR-RN) est largement en tête, avec 41,47% des voix. Il affrontera la candidate Laure Quignard (NFP) qui obtient 27,24%. Mais pas le sortant et ancien maire Philippe Pradal (Ensemble, 25,36%) qui se retire au profit de la socialiste.
« Historique à Nice »
Bientôt 23h, les militants quittent finalement le Vieux-Nice pour se rendre devant les plaques d’hommage à deux résistants, sur la place Masséna. « Ils ont été pendus par les nazis en juillet 1944, au réverbère que vous voyez ici. C’est un lieu très fort ».

« Siamo Tutti Antifascisti », « Bella ciao»… Les chants se poursuivent. Julia Pallano, co-animatrice du groupe jeunesse de la France Insoumise nous détaille : « on est forcément contents que deux candidats du NFP sur trois soient au second tour. C’est historique à Nice. Mais je reste très triste de voir l’extrême droite si haut, dans le pays de la liberté et des lumières. Je suis très inquiète ».

« Ciotti t’es foutu, Salerno va être élu ». 23h15, le candidat Olivier Salerno arrive acclamé par les partisans. « Nous appelons les électeurs de la droite à faire front républicain le 7 juillet prochain face à l’extrême droite en votant Nouveau Front Populaire. Il n’y a pas de fatalité, nous pouvons battre le RN et poser les premières pierres d’un monde plus juste ».

Au micro de Nice-Presse, il précise : « on est très heureux d’être qualifiés au second tour face à Éric Ciotti. Ça prouve qu’il y a énormément de personnes des catégories populaires qui vivent sur cette circonscription… Elles se sont exprimées en mettant un bulletin NFP dans l’urne ».
À côté de ça, « on ne peut pas faire autrement que de voir que l’heure est grave. Il y a une forte mobilisation pour ces élections : elle nous a hissés à une très bonne place, mais malgré tout le RN en tête. On ne peut pas faire la fête après un score comme ça. On a le risque de se retrouver avec Jordan Bardella premier ministre et Éric Ciotti ministre de l’Intérieur ».
Il n’y aura pas de second tour dans le 5ème circonscription. Christelle d’Intorni (LR-RN) a remporté la mise avec 50,35% des voix, bien devant l’écologiste Fabrice Decoupigny (NFP), à 20,6% des suffrages.





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