Décidée par Eric Ciotti, l'alliance électorale avec le parti de Jordan Bardella n'a pas troublé ses électeurs maralpins, qui pourraient lui offrir les circons­crip­tions niçoises sur un plateau dimanche prochain. Dans le cinquième secteur, sa protégée Christelle d'Intorni s'impose même sans ballottage. 

Pris pour cible et pointé du doigt depuis plusieurs semaines au sein même de sa famille politique pour son alliance avec le Rassemblement national dans le cadre de ces légis­la­tives anticipées, Éric Ciotti a prouvé, au moins à Nice, que sa stratégie peut fonctionner.

Un rappro­chement souhaité par une grande part de ses électeurs, qui n'ont pas manqué de saluer sa décision, dimanche soir, au moment où le président des Républicains montait sur l'estrade devant sa perma­nence pour dévoiler les résultats de ce premier tour. Une marée d'applaudissements et des "Ciotti, Ciotti, Ciotti" fusaient sur le port.

Les sympathisants LR "à fond" pour l'alliance

"La décision qu'il a prise est logique et va dans le sens de la volonté de nombreux électeurs, confirme Jacques, qui n'a pas été heurté par l'accord, en tant que sympa­thisant LR. On le voit dans les résultats de ce soir et je suis persuadé que dans la première circons­cription, ceux qui ont voté pour le candidat Les Républicains donneront leur voix à Éric Ciotti au second tour." 

Virgile Vanier (LR dissident, 5,78%) a pourtant adopté une autre posture, en appelant à voter pour Graig Monetti (Horizons-​Ensemble), qui a obtenu 22,79 % des suffrages, dans la mesure où ce dernier se maintient dans une trian­gu­laire avec Olivier Salerno (Nouveau Front Populaire, 26,62 % au premier tour) et Éric Ciotti lui-​même (LR-​RN, 41,04%).

Ciotti
Éric Ciotti a tenu à remercier ses électeurs (Photo © Romain Boisaubert/​Nice-​Presse)

"Je les vois mal ne pas voter pour Éric, reprend Jacques, convaincu de sa victoire dimanche prochain, mais inquiet à l'échelle nationale. Les résultats sont ceux que l'on attendait, dans la lignée des élections européennes, mais malgré cette tendance positive, cela risque d'être juste pour obtenir une majorité absolue." 

Un constat partagé par Frédéric, lui aussi sympa­thisant LR "de longue date", qui voit le retrait de certains candidats comme "une stratégie claire" afin d'éviter au Rassemblement national d'obtenir plus de 289 députés. 

"Les Français ne sont pas dupes et les électeurs de droite qui n'ont pas encore rejoint l'alliance prônée par Éric Ciotti le feront naturel­lement. Sur la sécurité et l'immigration notamment, nous parta­geons les mêmes idées"

Vote anti-​RN au second tour : même pas peur ?

De leur côté, Christelle d’Intorni, dans la cinquième circons­cription, et Bernard Chaix, dans la troisième, ont respec­ti­vement récolté 50,35% et 41,47% des suffrages. Si les deux candidats ont envoyé un signal fort et que la première a fait encore mieux qu'en 2022 en passant dès le premier tour, elle pourrait voir sa victoire remise en cause, puisqu'un recours juridique sera déposé par Ensemble dans ce secteur.

Pas de quoi, pour autant, inquiéter les soutiens présents, convaincus de la victoire des trois candidats malgré "les tambouilles politiques à venir" de l'ex-majorité prési­den­tielle et de la gauche pour grappiller des sièges.

Bernard Chaix
Bernard Chaix chaleu­reu­sement félicité par les sympa­thi­sants (Photo © Romain Boisaubert/​Nice-​Presse)

"Ça nous donne envie de nous battre encore plus fort, lance avec déter­mi­nation Émilie, également ravie par les résultats des candidats RN dans toutes les circons­crip­tions des Alpes-​Maritimes. L'optimisme est de rigueur, mais il va falloir se mobiliser pour convaincre d'autres personnes, notamment les électeurs de droite, qui ne peuvent pas rester isolés comme ça. À un moment, il faut trancher, et être unis." 

Un discours qu'a rappelé Éric Ciotti : "Je les appelle à suivre le chemin que j’ai ouvert pour parti­ciper à la victoire de la droite tout entière, des patriotes et de la France". 

"La menace de l’extrême gauche est trop grande et le danger trop grave pour s’abandonner dans des postures électo­rales stériles, a-​t-​il clamé. L’union que nous avons bâtie avec Jordan Bardella a mis fin à de longues années d’immobilisme de la droite. Nous avons une occasion unique de redresser le pays et de lui redonner un avenir digne de son glorieux passé."

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