En réinterprétant la chaise bleue, mythique du littoral azuréen, Sabine Geraudie, SAB, a donné naissance à l’une des oeuvres d’art les plus photographiées de Nice. Qui est aussi devenue l’un des symboles de la plus belle avenue du monde…
Elle surplombe la mer du haut de ses trois mètres. En 2014, la Promenade des Anglais accueillait une toute nouvelle sculpture : la désormais célèbre chaise bleue de l’artiste SAB. Photos de cartes postales, multiples reproductions, réseaux sociaux… L’emblème s’est imposé dans notre quotidien.

Tout commence en 2008. « Un client a souhaité que je réalise un premier travail pour lui. Un an plus tard, il m’a demandé une nouvelle œuvre : le bonheur et la difficulté d’y accéder. Avec une touche niçoise » précise Sabine Geraudie.«J’ai imaginé un corps, qui n’est ni un homme ni une femme, sur des chaises en quinconce, et qui essaie d’attraper le soleil ». Elle s’inspire alors « des ‘vieilles’ chaises de l’époque de Charles Tordo et des plus récentes, du designer Jean-Michel Wilmotte. J’ai fait un mix des deux ».
Les mythiques assises de la Prom’ n’étaient, alors, plus aussi présentes qu’actuellement : « il n’y en avait quasiment plus ». Des personnes s’interrogent : « ‘mais où as-tu trouvé cette chaise ?’. J’ai compris qu’il y avait un véritable attrait. Elles avaient presque disparu du paysage. J’ai pensé que ça serait peut-être bien de les remettre à l’honneur…»
SAB se laisse une année pour ses recherches. Expositions, aquarelles, bijoux… Son travail autour de l’objet bleu prend vie. Jusqu’au point d’orgue. « Je trouvais intéressante l’idée d’avoir une œuvre que les gens pourraient s’approprier, se prendre en photo avec. J’ai proposé au maire, Christian Estrosi, de l’installer sur la Promenade ».
Une confusion ?
« Ça a relancé la mode. Aujourd’hui, il y a des chaises absolument partout. Mais cela entraîne aussi une confusion entre le mobilier, et l’œuvre. Pour ma part, je ne suis responsable que de la seconde ».
« Quand j’ai commencé, ce n’était pas comme ça. À l’époque, il y avait l’accumulation de chaises d’Arman devant le MAMAC, celles en 3D dans du plexiglas de chez Transparence, ARTNICE en découpait aussi… L’artiste, qui est aujourd’hui décédé, monsieur Dury, en fabriquait de petites pour les mettre dans ses tableaux… Mais c’est tout ».
Les reproductions se sont multipliées au fil des années. À présent, il est possible d’en retrouver un peu partout dans la ville, dans certains restaurants mais aussi dans des commerces…
« Face à cela, j’ai un sentiment ambivalent. Ce qui m’ennuie un peu, c’est quand je vois des déclinaisons comme des magnets, des mugs ou des portes-clefs… C’est dommage. Il y a l’art, et le gadget : ce sont deux univers complètement différents ». Reste à souligner que son œuvre est protégée par l’INPI.
Cette année, Sabine Geraudie fête les dix ans de sa chaise. Pour l’occasion, elle sort un livre, « SAB, l’histoire atypique d’une artiste libre » écrit par la critique Iléana Cornéa. Disponible dès le 23 octobre aux éditions Le livre d’art.



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