Les narcotrafiquants comme la DZ Mafia semblent diversifier leurs activités, s’étendant désormais au banditisme traditionnel, avec des affaires récentes illustrant cette tendance à Marseille et ses environs. Racket d’établissements nocturnes, extorsions visant des rappeurs : les exemples se multiplient, créant un climat d’insécurité.
Un samedi soir de janvier, un mystérieux bout de papier est déposé dans une discothèque d’Aix-en-Provence, signé « DZ Mafia ». Il contient l’ordre d’appeler un numéro via Signal. À l’autre bout du fil, une voix réclame 80.000 euros pour « protéger » l’établissement et la famille des gérants. Peu après, un véhicule stationne devant les lieux, une menace silencieuse renforcée par des SMS signés « Front de libération algérien ». Bien que le lien direct avec la DZ Mafia ne soit pas établi, l’impact psychologique est réel.
Bernard Marty, président de l’Umih pour les Bouches-du-Rhône, observe une résurgence inquiétante de ce phénomène de racket, autrefois marginal. Selon la préfecture, 34 dossiers similaires ont été traités entre janvier et novembre 2024, mais le silence des victimes pourrait masquer l’ampleur réelle du problème.
Demandes de rançons, extorsions…
Les intimidations prennent parfois des formes extrêmes. En décembre, le gérant d’une épicerie casher de Marseille reçoit des photos récentes de sa famille et de sa maison, accompagnées d’une demande de rançon de 250.000 euros.
Dans d’autres cas, les victimes cèdent sous la pression. À Plan-de-Campagne, le propriétaire d’une boîte de nuit a accepté de verser 10.000 euros par mois en échange d’une supposée protection, selon le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Les enquêtes montrent que la DZ Mafia s’allie parfois à d’autres milieux criminels, comme le grand banditisme corse. Parmi les 22 personnes mises en examen dans cette affaire, plusieurs détenus jouent un rôle clé, certains devenant des agents racketteurs depuis la prison.
Cette diversification semble s’accompagner d’une violence accrue : des suspects seraient impliqués dans la mort d’un proche du rappeur marseillais SCH, cible d’extorsions et de menaces avant l’attaque.
Pour Jean-Baptiste Perrier, professeur de droit privé et spécialiste des organisations criminelles, la DZ Mafia représente aujourd’hui l’un des groupes les plus structurés et dangereux en France. Selon les procureurs, bien que cette recrudescence ne soit pas forcément orchestrée par une seule entité, elle reflète des dynamiques inquiétantes dans le paysage criminel français.





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