Édifiée au XIIe siècle, la chapelle Saint-Michel du lac de Serre-Ponçon est un monument à nul autre pareil. Trônant au milieu de l’eau, elle aurait pu, pourtant, ne plus être d’actualité, car sa destruction fut programmée !
Aujourd’hui, elle est en quelque sorte l’un des emblèmes de Serre-Ponçon et de son lac. Lorsqu’on se rend dans ce joli coin des Hautes-Alpes, pratiquement à la frontière avec les Alpes-de-Haute-Provence, notre regard est immédiatement attiré par cet îlot Saint-Michel, posté là au milieu des eaux.
Si ce lopin de terre est aussi célèbre, c’est grâce à sa chapelle : une construction étrange, fascinante, tenant sur son promontoire d’à peine quelques mètres carrés. Ce bâtiment religieux semble être étroitement lié à l’abbaye Notre-Dame de Boscodon. Il fut construit au XIIe siècle et est rattaché au prieuré entre le village de Chorges et de Prunières.
Détruite puis reconstruite au XVIIe siècle
C’est d’ailleurs à cette dernière localité que l’édifice est relié. Mais son histoire ne sera pas un long fleuve tranquille. Tout d’abord, elle est détruite en 1692 par les troupes du duc de Savoie Victor-Amédée II. Remise debout quelques années plus tard, toujours au XVIIe siècle, elle se mue en lieu de pèlerinage.
Les paroissiens des deux communes s’y rendront, particulièrement le 29 septembre, lors de la fête de la Saint-Michel. Tout aurait pu à nouveau basculer au XXe siècle, lorsque le projet du barrage de Serre-Ponçon prend de l’ampleur. Le site doit devenir ni plus ni moins l’un des plus vastes ouvrages d’aménagement hydroélectrique en France.
Ce qui n’est pas sans conséquences pour la vallée de la Durance et ses municipalités. Jusqu’en 1961, il est question de raser la chapelle pour laisser place au fameux lac de 27 kilomètres carrés. Ouvrage qui aura raison des petites cités de Savines et d’Ubaye, submergées sous les eaux.
Sa légère surélévation l’a sauvée
Mais le monument, profitant d’être bâti à une altitude légèrement supérieure à la cote maximale théorique du futur bassin, fut finalement sauvé. À présent, il veille seul sur son promontoire en pierre, à quelques mètres du niveau de l’eau, tel un gardien protégeant l’immensité bleue qui l’entoure.
Sorte de survivante d’un passé englouti, la petite église Saint-Michel ne se visite pas de l’intérieur. Elle est en plus cernée par un muret. En revanche, il est tout à fait possible d’aller en admirer les extérieurs au cours de l’hiver et jusqu’au début du printemps. L’été, il est plutôt conseillé d’opter pour une visite à l’aide d’un bateau de promenade.
Et lorsque votre expédition à proximité est terminée, il sera toujours temps de partir en vadrouille contempler les merveilleux décors du site. Au beau milieu des montagnes, la vue magnifique se mêle à des activités nautiques ou à de merveilleuses randonnées bucoliques. De quoi vivre une sortie dépaysante dans un cadre enchanteur.





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