La Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur (CRC Paca) s’est intéressée de très près à l’Opéra de Nice au cours d’un contrôle de gestion, visant aussi les autres établissements de la région. Si la fréquentation est une satisfaction, d’autres points seraient à retravailler. L’audit fut dévoilé l’été dernier, avec une conclusion générale rendue il y a dix jours.
C’est un document de 80 pages, auquel la mairie a répondu par un autre écrit de… 38 pages. Comme ses confrères de Toulon, Marseille et Avignon, l’Opéra Nice-Côte d’Azur a été passé au crible entre 2022 et 2024 par la Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un contrôle de gestion qui a permis de soulever plusieurs points, résumés par Nice-Presse.
🎭 Maisons d’#opéra de #Marseille, #Nice, #Avignon et #Toulon (synthèse) :
— Chambre régionale des comptes PACA (@crcpaca) March 11, 2025
➡ Une 𝗼𝗳𝗳𝗿𝗲 𝗹𝘆𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 importante en PACA
➡ Un impact de la crise sanitaire
➡ Un enjeu financier pour les collectivités dont relèvent les opéras
Le rapport 👉 https://t.co/z7UMkjJdeE pic.twitter.com/Eyob4GhUV0
Fréquentation et ouverture au plus grand nombre, un succès
Pour commencer par le positif, la CRC Paca met en avant les bons chiffres de la fréquentation, qui sont en hausse, au contraire d’autres établissements similaires en France. La saison 2022-2023 était déjà un bon cru, lequel a été suivi pour 2023-2024 d’une augmentation de 6% du nombre de spectateurs.
La volonté de miser sur la diversité de la programmation pour élargir le public visé est aussi saluée. La politique tarifaire, qui cherche à privilégier la liberté d’achat plutôt que l’abonnement, toujours dans cet objectif de faire découvrir cet art au plus grand nombre, est pareillement remarquée.
La présentation des comptes à détailler
Cependant, la Cour des comptes a mis en lumière plusieurs points à revoir. En premier lieu, elle regrette l’absence d’un inventaire comptable des décors et des costumes, des lacunes concernant les données des effectifs ou encore des éléments relatifs aux ressources humaines qui seraient erronés. Dernier sujet qui serait notamment la conséquence d’un « dysfonctionnement informatique », renseigne la municipalité.
Sur le plan financier aussi, la fiabilité des comptes est perfectible, avec, entre autres, un important travail à effectuer pour répertorier les immobilisations — l’actif du bilan comptable qui appartient au patrimoine de l’institution. Consciente de ce défaut, la mairie a expliqué dans son argumentaire contradictoire (disponible en entier sur ce lien) en faire un de ses chantiers dans « la perspective de la certification des comptes à l’horizon de l’année 2028.»
La Ville assume la part importante de sa subvention
Autre sujet évoqué, l’opéra niçois ne dispose que d’une faible capacité d’autofinancement, la subvention de la Ville représentant entre 81,5 et 87% de son budget, soit plus que pour les autres établissements de ce genre dans l’Hexagone. Il s’agit d’un poste « essentiel » des dépenses culturelles de la commune. Une volonté assumée par Nice, « qui souhaite maintenir l’aide apportée afin de garantir le niveau de qualité.»
Si la Chambre régionale souligne une programmation plus diversifiée depuis 2021 et une activité importante, elle met aussi en garde quant à la stratégie, qui ne comporterait pas un « projet artistique formalisé ». Or, c’est un point obligatoire pour obtenir le label « Opéra national en région » que souhaite glaner la capitale maralpine. Une observation que réfute la mairie, affirmant que l’institution régionale n’a pas « reconnu les actions déjà engagées ».
L’opéra « vétuste », de gros travaux à prévoir
On peut également lire que « le bâtiment témoigne d’un sous-investissement chronique : dégradé, nécessitant des travaux importants de rénovation, il n’a pas fait l’objet des investissements nécessaires hormis ceux permettant le maintien des conditions de sécurité indispensables à son fonctionnement.» D’après les auteurs, il faudrait entre 17 et 27 millions d’euros pour le réhabiliter.
De son côté, la municipalité répond par des chiffres, avec le déblocage de 1,8 million d’euros sur la période 2015-2021. Elle reconnaît la « vétusté » du lieu, mais indique que des travaux auront lieu dans « les années à venir ».
En conclusion de ce bilan, les magistrats ont défini quatre recommandations à l’adresse de la Ville. Elle doit ainsi « poursuivre l’achèvement, dans les meilleurs délais, de la démarche de valorisation du patrimoine », et se mettre en conformité au sujet des données budgétaires et du personnel. En plus de se voir conseiller la mise en place d’un « projet artistique » - ce qui est déjà le cas, est-il contredit - elle doit « fixer les conditions de rémunération des activités supplémentaires » des artistes et « réviser les contrats en cohérence.»






Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.