Se saisissant d’une nouvelle réforme, la municipalité niçoise promet de muscler son jeu pour réduire, dans les quartiers dits tendus, les nouvelles locations touristiques « a minima de moitié », à partir de cet automne. L’opposition attend de voir avec quels moyens.
Dans Nice-Presse Dimanche - DÉBAT. Réserver le Vieux-Nice aux investisseurs et Airbnb : « pourquoi pas ? Ils ont les moyens de rénover et les locaux y vivent déjà de moins en moins !»
Pour Christian Estrosi, trop c’est trop. « Nous ne sommes pas une station balnéaire, nous sommes une grande ville d’actifs, de familles, d’industries. On ne peut plus tolérer de compter 13,600 annonces de meublés touristiques » a-t-il tonné ce mardi 8 avril, au cours d’une conférence de presse. « De fait, aujourd’hui, certains empêchent les Niçois de vivre chez eux !» Devant les représentants des hôteliers, il a pu confirmer les restrictions prises contre cette « concurrence déloyale ».
Ainsi, le durée maximale de mise sur le marché passe de 120 à 90 jours, tel que la loi mise à jour le permet. Les nouvelles autorisations délivrées aux résidences secondaires ne courront plus que sur trois années, et ne pourront plus être renouvelées. Ensuite, les propriétaires devront se tourner exclusivement sur de la longue durée, ou bien vendre.
Le principe de la compensation sera imposé au premier bien pour les sociétés, et au deuxième pour les individus — pour un appartement proposé sur les plateformes, il faudra en fournir un autre aux locaux. Par ailleurs, chacun devra justifier d’un diagnostic énergétique, toléré jusqu’aux limites précédant les passoires thermiques (E).
Est aussi encouragé le recours au dispositif qui permet de placer son bien avec des facilités sur les plateformes au cours de la saison, contre la garantie d’accueil d’un étudiant le reste de l’année. 150 jeunes en profitent actuellement, sur les 48,000 que compte Nice.
Une attention particulière sera réservée aux quartiers de la carte postale, touchés par une légère fuite de résidents ces dernières années (de l’ordre de 7%, selon la collectivité). Dans certains coins, on décompte de sept à dix fois plus d’annonces pour touristes que de logements pour locaux. Christian Estrosi a par ailleurs bien souligné que ce sont les investisseurs qu’il compte taper au portefeuille (« 70% dans l’hypercentre ») et « non pas les petits propriétaires qui doivent pouvoir compter sur ce complément de revenus ».
Pour la cheffe de file de l’opposition écologiste Juliette Chesnel Le Roux, « c’est une première étape, que nous attendions. Mais les moyens de contrôle sont insuffisants. Il n’y a pour l’heure que sept agents mobilisés (en capacité de dresser des amendes, ndlr), pour un marché immense. Avant d’élargir le débat : « face à la crise que connaît Nice, ce qui est surtout important, c’est le plafonnement des loyers ». Un virage auquel avait songé la mairie, avant de reculer fin 2023. Les prochaines élections municipales replaceront sans nul doute la question sur la table.
OUI MAIS QUAND ?
Certains points clés de ces restrictions devront être entérinés par le conseil municipal puis métropolitain de mai prochain. Le règlement serait adopté « en automne ».



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