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C’était notre débat de la semaine, et il vous a fait réagir ! « La municipalité de Christian Estrosi se lance dans un virage absurde. Restreindre les Airbnb pour rendre des logements aux Niçois. Ça n’a aucun sens : les locaux ne reviendront pas dans la vieille-ville ». C’est le constat clair et net dressé par l’un des agents immobiliers réunis par le député du centre-ville Eric Ciotti (UDR), lors d’un échange informel le 21 mars.
« Qui pourrait vivre à l’année place Rossetti ? Vous seriez réveillé trois voire cinq fois chaque nuit à cause des bars et des restaurants » poursuivait le professionnel.
Avec un avis tranché : « il faudrait laisser le Vieux-Nice, la vitrine touristique, aux investisseurs, qui participent à la rénovation des immeubles. Par contre, en dehors, il faudrait sévèrement alourdir la taxe sur les logements vacants, et réduire les obligations. Je connais des immeubles entiers qui sont vides depuis vingt-cinq ans, alors que l’on nous explique qu’on ne sait pas où caser les gens…»
Interrogés, nos lecteurs ont pris position toute la semaine. Voici les opinions qui reviennent le plus.
Ceux qui s’en agacent
« Sûrement pas ! C’est notre patrimoine ! Ça me révolte de lire ça, c’est une proposition à vomir ». Maryze n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer l’idée, pointant même, plus généralement, « une mafia du logement prête à tout pour faire son blé » en ville.
Thierry, 53 ans : « Ça ne doit pas devenir Disneyland. C’est aux touristes de s’adapter aux locaux et non l’inverse… C’est l’âme niçoise qui est en jeu »
« C’est exagéré. Il y a encore des rue calmes. C’est le développement des terrasses et des pubs qu’il faut contrôler » selon Jean-Pierre, 73 ans. Attention, pour Hans, « Airbnb est déjà très présent en on en voit la conséquence : le quartier cesse presque de vivre les mois où les touristes ne sont pas là. Notre patrimoine est fragile. N’en faisons pas une boîte de nuit géante…»
Franck, 65 ans : « Je ne souhaite pas que notre ville soit à l’image de Barcelone, Venise où Lisbonne, saturée de touristes. Il existe suffisamment d’hôtels pour les recevoir. »
Chantal, 70 ans : « depuis tant d’années le Vieux-Nice est invivable . J’ai habité 30 ans au 3 rue du Collet. Nuits blanches toute l’année. J’adorais mon quartier, mais je me suis exilée ».
Les choses sont déjà avancées, pour Christophe, 38 ans : « il n’y a plus de vie de quartier car plus personne n’y vit réellement. Tous mes voisins étaient des Airbnb ». Même topo pour Virginie, 53 ans : « La vie y est devenue compliquée car ce bijou à été mis entre les mains de personnes vénales qui ne sont pas sur les lieux et n’ont pas d’attachement affectif pour ce quartier chargé d’histoire et de culture ».
Antoinette, 62 ans, ne pointe pas que les meublés touristiques : « C’est vrai, c’est devenu difficile d’y vivre. Mais la faute à qui ? Aux établissements que l’on a laissé s’y installer. Le quartier a perdu son âme ».
Mu, 44 ans, ne dit pas autre chose : « J’y vis depuis 20 ans et suis attachée aux commerçants de proximité qui sont malheureusement souvent remplacés par des boutiques de souvenirs sans intérêt, à destination exclusive des touristes. »
Ceux qui approuvent ou nuancent
Manuel, 33 ans, est plutôt d’accord avec l’agent immobilier : « C’est une bonne chose pour rénover la vieille ville et permettre d’embellir des lieux jusqu’à présent vétustes. »
Même chose pour Isabelle, 59 ans : « c’est impossible d’y vivre à l’année, les nuisances sont horribles. Propriétaire, je ne m’y rends qu’un week-end sur deux. Réserver le coin aux investisseurs permettrait de retaper bien des immeubles et des parties communes qui en ont besoin ».
Pour Julien, 34 ans « la tolérance du Niçois est minime. Les touristes font vivre tout un quartier et contribuent à l’image de la destination. Laissons ceux qui s’y plaisent y vivre, en sachant par avance que le secteur, animé, comprend un facteur bruit ».
D’après Jean-Marie, 70 ans, les appartements ne collent de toute façon plus aux usages actuels : « beaucoup sont trop petits, sans ascenseurs, en mauvais état et inadaptés à des familles ». « Pas de stationnement, ni de balcons. Ça ne peut convenir qu’à des visiteurs » appuie Fabrice, 37 ans.
Phil, 75 ans, n’y trouve pas que des inconvénients : « qui aurait cru en 1970 que nous aurions un hôtel 5 étoiles dans le Vieux-Nice ? Il y a 45 ans, c’était le babazouk, avec des façades dégradées. Elles ont été rénovées et des commerces se sont installés, créant de l’emploi. Tout cela grâce aux investisseurs… Lesquels n’opteraient pas pour Airbnb si la longue durée ne présentait pas autant de risques, à cause de certains locataires ».





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