Cette brève est un extrait de RIFIFI, notre rubrique du jeudi consacrée aux indiscrétions politiques. À découvrir par ici.
Philippe Vardon n’aura pas son débat, mais peut-être quelques réponses. L’opposant ex-RN réclamait il y a peu un échange public avec la municipalité Estrosi, qu’il accuse d’agir trop mollement contre l’entrisme islamiste, dans le sillage de la publication du rapport gouvernemental sur les Frères musulmans.
Pour lui - sans cibler les fidèles eux-mêmes - les représentants locaux, conviés par la Ville à divers évènements publics, sont loin d’être tous irréprochables. Pire, l’élu proche de Marion Maréchal estime évidents leurs liens avec des mouvances « fréristes » et rappelle que des personnalités ensuite interdites de territoire par l’Etat ont pourtant été invitées « avec un tapis rouge » dans certaines mosquées niçoises.
Ce qui ne fait pas de doute, c’est qu’un malaise s’est un temps installé entre la collectivité et une part des imams, puisque certains de ces derniers n’ont pas souhaité condamner publiquement les attaques terroristes du Hamas en Israël. L’an passé, une salle municipale a même été refusée pour dénoncer la trop grande proximité de Christian Estrosi avec l’État juif.
De là à adopter une vigilance particulière avec quelques uns des représentants musulmans ? « Moi, d’abord, je ne suis pas juge, procureur, ni préfet des Alpes-Maritimes. Je n’ai pas les services de renseignement à ma disposition » s’agace dans nos colonnes Anthony Borré (Horizons).
« Au plan international, nous avons une vision des choses que je défends : je ne peux pas supporter qu’il y ait des otages, des victimes des deux côtés. C’est pour moi insupportable et je reste un partisan de la paix. Pour autant, je considère qu’il ne faut jamais importer un conflit international dans la gestion de la cité ».
Et le premier adjoint de garantir :«Je souhaite que chaque Niçois soit respecté dans l’exercice de son culte. A chaque fois que nous avons eu connaissance d’une dérive d’un imam, nous l’avons immédiatement écarté. Nous sommes intransigeants. Nous avons des interlocuteurs qui respectent les valeurs républicaines, et qui sont ceux désignés par le préfet. À date, il ne nous a mis en garde contre aucun des représentants du culte ».
Un local appartenant au bailleur social pourrait être vendu pour y établir une mosquée, malgré les remontrances de l’opposition ex-RN. Explications d’Anthony Borré : « un lieu de culte y était déjà installé. Le statut de propriétaire conférera encore davantage de responsabilités à ceux qui en ont la gestion. Mais nous acterons la vente quand la transparence sur le financement de l’opération sera faite, ce qui n’est pas encore le cas. La provenance des fonds, le respect des valeurs républicaines et une gouvernance claire seront nos trois conditions, entérinées par l’État ».
Et pour ce qui est du Plan de lutte contre les atteintes à la laïcité, déployé par la commune depuis deux ans ?
« Les clubs sportifs et associations ont signé la charte que nous avons pu présenter, sans difficulté aucune. Nous ne notons pas de signalement d’atteinte à la laïcité depuis fin 2023. Tout en restant attentifs. La Ville de Nice rédige 30 alertes chaque année pour des présomptions de radicalisation ».



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.