Après deux années difficiles, la Fédération française du bâtiment (FFB) entrevoit une éclaircie en 2025 pour le secteur, sans crier victoire pour autant. L’activité reste fragile, entre légère reprise du logement neuf et tensions persistantes sur la rénovation énergétique.
Lors d’une conférence de presse organisée mercredi, le président de la FFB, Olivier Salleron, a salué les premiers signes d’amélioration. « Après un budget 2025 plutôt favorable » au bâtiment « qui commence à faire un petit peu son effet (…), l’éclaircie a eu lieu », a-t-il affirmé avec optimisme.
Mais la prudence reste de mise. « La FFB ne baisse toujours pas la garde parce qu’on est déjà au PLF 2026, donc déjà on est en train de négocier (…) pour obtenir, ou en tout cas conserver les avancées de 2025 », a-t-il averti, soulignant les enjeux à venir pour consolider les acquis.
Un redémarrage timide de la construction neuve
La fédération observe un début de redressement du logement neuf pour les premiers mois de 2025, mais à partir d’un point historiquement bas. Les freins structurels tels que les coûts de construction élevés et des taux d’intérêt dissuasifs ont lourdement pesé sur le secteur ces deux dernières années.
Selon Olivier Salleron, « il se redresse surtout au niveau des autorisations (…) avec un prêt à taux zéro qui est effectif depuis le 1er avril, donc il n’y a pas longtemps, mais aussi des taux d’intérêt qui restent acceptables pour les investisseurs ».
Des indicateurs encourageants, mais insuffisants
Entre janvier et avril 2025, les autorisations de construire des logements neufs ont progressé de 11,9 % par rapport à la même période l’an dernier. Les mises en chantier ont, elles, augmenté de 7,7 %, selon les chiffres communiqués par la FFB.
Malgré cette amélioration, le niveau d’activité reste bas. Pour 2025, la fédération prévoit 271 000 ouvertures de chantiers, soit moins qu’en 2024. « La sortie de crise du logement neuf n’est pas présente, elle reste à espérer et surtout à booster avec ce statut du bailleur privé et à condition que les taux d’intérêt restent tels qu’ils sont aujourd’hui », a souligné Olivier Salleron.
Un statut du bailleur privé pour stimuler l’investissement
Le gouvernement a confié à deux parlementaires la mission de travailler sur la création d’un statut du bailleur privé. Objectif : améliorer l’attractivité et la rentabilité de l’investissement locatif, perçu comme un levier essentiel pour dynamiser la construction neuve.
Ce statut est attendu par les professionnels comme un outil structurant pour relancer un marché locatif en perte de vitesse. Il pourrait permettre de stabiliser l’activité sur le long terme et de rassurer les investisseurs particuliers.
Une rénovation énergétique freinée par l’instabilité
La FFB a également pointé une baisse d’activité dans la rénovation énergétique des logements. Sur un an, au premier trimestre 2025, le recul atteint 0,6 %, traduisant un ralentissement qui inquiète les professionnels du bâtiment.
« Cette instabilité, cette indécision, ce stop-and-go permanent fait beaucoup de mal évidemment à la confiance » des ménages et des entreprises, a dénoncé Olivier Salleron. Il faisait notamment référence à la suspension partielle du dispositif MaPrimeRénov’ cet été, qui a contribué à désorienter le marché.
Avec AFP



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