Mohamed L., auteur du meurtre du médecin militaire Alban Gervaise en 2022 à Marseille, a été déclaré pénalement irresponsable par la justice. Il ne sera donc pas jugé.
Région. La Cour d’appel d’Aix-en-Provence a tranché : Mohamed L., qui avait mortellement poignardé le médecin militaire Alban Gervaise devant l’école de ses enfants à Marseille en mai 2022, est pénalement irresponsable. Dans un arrêt daté de mercredi, la Chambre de l’instruction indique que l’homme souffrait, au moment des faits, d’un trouble psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes.
Pas de procès, mais une hospitalisation complète
Conséquence de cette expertise psychiatrique : l’auteur des faits ne comparaîtra pas devant une cour d’assises. Le tribunal a ordonné son hospitalisation complète en établissement psychiatrique. Aucune précision n’a été donnée sur la durée de cette mesure, selon la décision, révélée par Le Figaro et confirmée par l’AFP.
Ce drame, survenu en pleine journée devant une école du quartier du Merlan, dans le nord de Marseille, avait bouleversé l’opinion publique. Alban Gervaise, 41 ans, s’apprêtait à récupérer ses enfants à la sortie de classe lorsqu’il a été attaqué violemment à l’arme blanche. Malgré l’intervention de témoins et deux semaines de soins hospitaliers, il est décédé le 26 mai 2022.
Une interdiction de contact et d’armes pendant 20 ans
Si la justice pénale renonce à un procès, elle a néanmoins imposé des mesures contraignantes. Mohamed L., âgé aujourd’hui de 27 ans et de nationalité française, n’aura pas le droit d’entrer en contact avec la famille de la victime durant les vingt prochaines années. Il lui est également interdit, pour la même durée, de porter ou de détenir une arme.
Lors de son interrogatoire, l’agresseur avait tenu des propos confus, déclarant avoir agi « au nom de Dieu » avant d’évoquer ensuite « le diable ». Ces éléments ont renforcé l’hypothèse d’un trouble psychiatrique profond, à l’origine de l’irresponsabilité pénale prononcée par les magistrats.
Une responsabilité civile maintenue
Bien qu’il ait été reconnu pénalement irresponsable, Mohamed L. reste civilement responsable. La justice l’a condamné à indemniser les parties civiles, notamment l’épouse d’Alban Gervaise et leurs enfants, au titre des divers préjudices subis après la perte brutale de leur mari et père. Les montants accordés n’ont pas été précisés, mais ils sont jugés significatifs.
Cette décision judiciaire marque la fin d’une procédure entamée il y a plus de deux ans, dans un dossier où l’émotion reste encore très vive.
Avec AFP



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