Au lendemain du lancement du premier TER opéré par Transdev entre Marseille et Nice, les syndicats de cheminots ont manifesté lundi leur opposition à l’ouverture à la concurrence, qu’ils jugent néfaste pour le service public ferroviaire et source de division dans l’organisation du réseau.
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Environ 300 cheminots, selon la CGT, se sont rassemblés lundi matin devant la gare Saint-Charles à Marseille. Un second rassemblement a été prévu dans l’après-midi à Toulon, lors de l’inauguration officielle de la ligne désormais exploitée par Transdev.
Les syndicats dénoncent un « morcellement » du service public
« Cela fait des mois qu’on dénonce l’ouverture à la concurrence. Nous sommes favorables à une entreprise intégrée, pas une entreprise morcelée », a affirmé François Tejedor, secrétaire général de la CGT cheminots Paca. « Le fait de tout morceler, ce n’est pas bon pour le service public », insiste-t-il.
Le responsable syndical estime que cette réforme n’apporte pas de solutions aux problèmes existants. « On l’a constaté hier, ils sont confrontés à des retards liés aux problèmes de réseau », affirme-t-il, soulignant que les dysfonctionnements persistent malgré le changement d’opérateur.
Une logique européenne de mise en concurrence vivement critiquée
François Tejedor pointe également les limites du modèle libéralisé observé chez certains voisins européens. « Les Anglais sont en train de revenir en arrière, après des décennies d’ouverture à la concurrence désastreuses. Les Allemands se retrouvent dans de très grandes difficultés. Les Belges, contrairement aux préconisations de la Commission européenne, ont décidé de faire une attribution directe à l’opérateur historique », énumère-t-il.
De son côté, Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud Rail Paca, décrit une situation tendue à Marseille. « Le site de Marseille est très bousculé par ces ouvertures, avec l’arrivée aussi de Trenitalia sur la ligne avec Paris. On a un vrai climat anxiogène et les organisations syndicales ont déposé une alarme sociale », explique-t-il, précisant qu’un préavis de grève a été posé.
Une nouvelle configuration du rail qui inquiète
Pour Julien Troccaz, cette libéralisation fragmente un système qui, selon lui, doit rester intégré. « Ils sont partis dans une logique de PME du rail, à jouer chacun au petit chemin de fer. Sauf que le système ferroviaire, ce n’est pas ça, c’est un système intégré qui oblige à avoir des collaborations ou de la mutualisation », affirme-t-il.
Dimanche, le premier TER privé a officiellement commencé à circuler sur la ligne Marseille-Nice. Opéré par Transdev, ce service marque une nouvelle ère pour les transports régionaux en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui devient la première région française à appliquer la mise en concurrence des lignes ferroviaires régionales, rendue possible par le droit européen.
Un contrat de 800 millions d’euros et des objectifs ambitieux
Transdev s’est vu confier l’exploitation de cette ligne dans le cadre d’un contrat de délégation de service public d’environ 800 millions d’euros, signé pour une durée de dix ans. Selon la Région, l’entreprise s’est engagée à garantir une régularité de 97,5 %, contre 80 % auparavant sous l’ère SNCF.
Avec AFP



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