Les taux des crédits immobiliers sont restés quasi inchangés au premier semestre 2025. Mais les prévisions pour 2026 annoncent une hausse dans un contexte économique et politique jugé préoccupant par les experts du secteur.
L’observatoire Crédit Logement/CSA a indiqué jeudi que les taux sont demeurés stables depuis mars, autour de 3,07 %. Après une année 2024 en demi-teinte pour le marché immobilier, 2025 semble marquer une reprise prudente.
« Nous avons eu une année 2024 qui n’a pas été glorieuse en termes d’offres acceptées. Nous avons une année 2025 qui retrouve des couleurs », a résumé Michel Mouillart, professeur d’économie, lors d’une conférence de presse en ligne.
Une année 2025 stable, avant un possible rebond
Le taux moyen était de 3,09 % en mars, puis de 3,07 % en juin et à mi-juillet. Cette stabilité marque un tournant, après des fluctuations importantes ces dernières années. Le taux moyen annuel est attendu à 3,11 %, avec une possible baisse à 3,05 % en fin d’année.
Cependant, les perspectives pour 2026 sont moins favorables. « Nous pensons que l’environnement macroéconomique va accompagner une remontée des taux des crédits immobiliers », a estimé Michel Mouillart. Selon lui, le taux pourrait atteindre 3,40 % d’ici la fin de l’année prochaine.
Les banques plus prudentes, les acheteurs moins nombreux
Le contexte politique et économique pèse sur les intentions d’achat. Selon Crédit Logement, les banques ont renforcé leurs conditions d’octroi de prêts, et la demande reste faible malgré des taux stabilisés.
« Cela signifie qu’on va probablement atteindre un plafond de montants de crédits accordés auquel on risque de rester si rien ne vient améliorer le paysage », a averti le professeur Mouillart. L’absence de soutien budgétaire pourrait freiner la reprise du marché.
Une loi de finances peu favorable au logement
Le projet de loi de finances 2026, présenté mardi par le Premier ministre François Bayrou, vise à réaliser 43,8 milliards d’euros d’économies. L’objectif : ramener le déficit public à 4,6 % du PIB.
Le texte prévoit notamment une « année blanche », avec un gel des prestations sociales, des retraites et des dépenses hors Défense. « Si le projet est adopté tel qu’on le voit se décrire, on n’aura pas un grand coup de soutien au secteur du logement en 2026 », a regretté Michel Mouillart.
Avec AFP



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