Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a confirmé lundi la création de deux nouvelles aires marines protégées, l’une en mer Ionienne, l’autre dans les Cyclades, conformément à son engagement pris lors de la conférence de l’ONU sur les océans tenue en juin à Nice.
« Aujourd’hui, je tiens cette promesse avec la création de deux nouveaux Parcs Nationaux Marins : l’un en mer Ionienne et l’autre dans les Cyclades méridionales, dans l’emblématique mer Égée », a déclaré le chef du gouvernement dans une vidéo diffusée par ses services.
Il a rappelé l’héritage maritime exceptionnel de la Grèce, qui compte près de 13.600 kilomètres de littoral et de nombreuses îles, en soulignant la nécessité de préserver cet environnement. Ces aires marines doivent permettre de « honorer cet héritage marin unique et le protéger pour les générations futures ».
Engagements concrets pour la Méditerranée
La Grèce s’inscrit ainsi dans la dynamique enclenchée par d’autres pays, qui ont profité de la conférence onusienne pour annoncer de nouvelles protections marines ou interdire le chalutage. C’est le cas notamment du Brésil et de l’Espagne, cette dernière prévoyant de couvrir un quart de ses eaux.
« Ces parcs seront parmi les plus grandes zones marines protégées de toute la Méditerranée. Ils nous permettront d’atteindre l’objectif de protéger 30% de nos eaux territoriales d’ici 2030 bien avant l’échéance prévue », a précisé Kyriakos Mitsotakis.
Une réaction rapide d’Ankara
La Turquie, voisine et concernée par la mer Égée, a rapidement réagi à cette annonce. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères turc a estimé que « toute action unilatérale doit être évitée dans les mers fermées ou semi-fermées telles que la mer Égée et la Méditerranée ».
Le texte souligne que « le droit maritime international encourage la coopération entre les États côtiers de ces mers, y compris sur les questions environnementales ». Ankara se dit « toujours disposée à coopérer avec la Grèce » et annonce qu’elle présentera prochainement ses propres mesures en matière de protection des mers.
Interdiction forte du chalutage de fond
Les relations entre Athènes et Ankara, régulièrement tendues sur les questions maritimes, s’étaient apaisées en 2023 avec la signature d’un accord de « bon voisinage ». Mais la décision grecque pourrait raviver certains contentieux, malgré l’appel à la coopération.
Le Premier ministre grec a indiqué que « la pratique extrêmement destructrice du chalutage de fond sera interdite » dans les parcs marins annoncés. Il souhaite associer « les communautés locales, les pêcheurs, les scientifiques, mais aussi des partenaires mondiaux » à leur gestion.
Ambition écologique assumée
« En faisant cela, la Grèce peut être une voix pour la mer, en Europe, mais aussi au-delà », a-t-il conclu. Un message qui s’inscrit dans une politique maritime plus large entamée ces derniers mois.
En mai dernier, Athènes avait déjà interdit le chalutage de fond autour de l’île de Fournoi et de six îlots inhabités au cœur de la mer Égée, afin de préserver des récifs coralliens rares.
La Grèce ambitionne désormais de bannir totalement cette pratique dans les parcs marins d’ici 2026, puis dans l’ensemble de ses aires protégées marines d’ici 2030, devenant ainsi le premier pays d’Europe à instaurer une telle mesure à cette échelle.
Avec AFP



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