C’est un projet qui fait beaucoup parler dans ce quartier pavillonnaire, proche du parc des sports et de lycées. L’Organisation des musulmans de Cagnes-sur-Mer a acquis en fin d’année dernière pour 680.000 euros un terrain privé de 1600 m², prévoyant d’y bâtir une nouvelle salle de prières, pour un coût total estimé à 2,18 millions d’euros. Le futur chantier suscite des inquiétudes chez certains riverains : la commune leur a répondu, la communauté musulmane aussi.
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Nicolas, secrétaire de l’association des « Riverains des Canebiers mobilisés », décrit une mobilisation rapide et massive. « En un mois, 2800 signatures ont été recueillies. Pourtant, aucun vrai dialogue n’a été ouvert avec nous » estime-t-il.
Pour lui, l’emplacement ne fait pas sens : « nous avons deux lycées à la capacité déjà saturée, des classes surchargées et des parkings insuffisants. Un équipement scolaire ou culturel aurait dû être envisagé en priorité. »
Derrière ces arguments, la crainte d’un impact plus large. « Nous vivons déjà sous Vigipirate depuis vingt ans. Ajouter un lieu de culte à dix mètres de l’un des plus grands lycées du secteur pose forcément la question de la sécurité et des flux le vendredi, lors des grandes prières. »
« On ne veut pas de rassemblements »
Guillaume, riverain installé à quelques centaines de mètres, abonde. « Pendant la période scolaire, se garer relève déjà du parcours du combattant. Là, c’est un quartier résidentiel, pas conçu pour gérer des rassemblements réguliers. »

« Et puis, soyons clairs : un appel à la prière tôt le matin et tard le soir, des va-et-vient supplémentaires… Cela change l’ambiance d’un quartier. Je n’ai rien contre les lieux de culte, mais ici, ce n’est pas le bon endroit. »
« Le droit de préemption aurait pu être utilisé (ce que conteste la municipalité, NDLR) pour privilégier un autre projet, comme une bibliothèque, une salle de conférences ou une extension du lycée Renoir, mais ça n’a pas été le cas. C’est donc un choix politique assumé. Et compte-tenu de l’influence croissante des Frères musulmans dans le pays, nous devons être transparents sur l’origine des financements. » Ce que la règlementation exige et qui sera entre les mains de la préfecture.
Le maire évoque un réel besoin pour la communauté musulmane
Louis Nègre (Les Républicains), le maire de Cagnes, a publié une lettre ouverte destinée à « rétablir les faits . » Il y précise qu’il ne s’agit pas « d’une nouvelle mosquée mais du transfert d’une salle trop exiguë, qui entraînait des prières de rue. »
Le projet, insiste-t-il, respecte le plan local d’urbanisme , avec aucun « minaret possible », une hauteur limitée à 7 mètres et un effectif maximum de 350 fidèles (400 m²). Il rappelle également que « la commune n’est pas intervenue dans la transaction, financée uniquement par des fonds privés, et qu’aucun argent communal n’y sera affecté. »
Quant aux craintes de prosélytisme, le maire se veut ferme . « L’actuelle salle de prière existe depuis des décennies, à proximité immédiate d’une école et d’une crèche, sans incident. Il n’y a aucune raison d’imaginer une situation différente demain. »
« Ce que nous voulons, c’est au minimum un débat, entre la municipalité, la communauté et les riverains » appelle encore Nicolas, qui ne compte pas lâcher l’affaire.
Ce que veut souligner la communauté musulmane
En complément de cet article consacré au ressenti de riverains, voici les précisions fournies par l’Organisation des musulmans de Cagnes. « Nous tenons à dire notre refus des prières de rue et notre engagement à éviter tout trouble à l’ordre public, tout en permettant aux fidèles de prier dans la dignité » pose l’OMCM. « Il existe plusieurs salles de prières beaucoup plus grandes dans le département » et « nous n’avons pas prévu d’école coranique ». Par ailleurs, le projet, qui sera soumis à des contrôles, « est entièrement financé par les dons des fidèles, il n’y a aucun financement étranger ». Pour finir, l’association « dément tout lien avec les Frères musulmans ».




Ce projet doit être déplacé.