PARTIE 1/3. Chiffres maîtrisés, dossiers assumés, répliques ciselées : quelques jours avant le top départ de la campagne électorale pour laquelle Louis Nègre sera une nouvelle fois mobilisé, rien ne bouscule le maire-candidat. Dans Nice-Presse, il répond à tous les doutes, à chacune des critiques.

La saison estivale s’achève avec un sentiment mitigé. Certains restaurateurs et plagistes évoquent un tassement, quand Cannes ou Nice semblent tirer leur épingle du jeu. Quel bilan tirez-vous à Cagnes-sur-Mer ?

Nous n’avons pas encore tous les chiffres, mais je constate ce tassement au niveau régional et même national. Les Français sont inquiets, ils épargnent davantage, donc ils consomment moins. Le commerce de proximité est le premier touché. Mais à Cagnes, nous avons l’un des taux de fermetures les plus bas du département. Cela veut dire quelque chose : le commerce cagnois reste solide. Et puis nous avons un atout : l’âme commerçante ! Ici, c’est l’accueil, encore l’accueil, toujours l’accueil !

Certains dénoncent le manque de dynamisme de la ville par rapport à vos voisines…

Je réponds par des faits. Nous avons plus de 400 manifestations par an, beaucoup proposées par les commerçants eux-mêmes. Prenez la rue Jean Raymond Giacosa : ils ont lancé leurs soirées à ciel ouvert, nous avons investi 1,5 million d’euros pour refaire la rue, et le succès a été immédiat. Idem pour « La vie en bleu » au Cros-de-Cagnes, ou le cinéma en plein air, place de Gaulle. C’est ça, la méthode Cagnes : travailler avec les commerçants, pas dans notre coin.

Des voix s’élèvent contre les travaux, qui susciteraint beaucoup de nuisances.

Quand on fait des travaux, on gêne. C’est universel, partout en France et dans le monde. Mais après, tout le monde est content. J’ai vécu la même chose pour le bord de mer : à l’époque, que n’ai-je pas entendu… Aujourd’hui, personne ne reviendrait en arrière. Alors je refuse la démagogie. Promettre qu’il n’y aura ni bruit, ni poussière, c’est mentir. Moi, je préfère dire la vérité.

Autre dossier qui fait beaucoup parler : la future mosquée, à proximité du lycée Auguste Renoir. Vos opposants auraient espéré que vous préemptiez le terrain pour empêcher ce projet.

On ne peut préempter que si on a soi-même un projet. Sinon, vous êtes condamnés, comme d’autres communes, qui paient jusqu’à 500 euros d’astreinte par jour. La vérité, c’est que ce terrain a été acheté légalement, point. Ceux qui disent le contraire surfent sur l’ignorance du droit administratif.

Design sans titre
[© Romain Boisaubert / Nice-Presse]

Étiez-vous personnellement favorable à cette construction ?

Mon rôle de maire, c’est de garantir la tranquillité publique. Quand le commissaire m’a alerté sur des prières de rue, j’ai dit non : tant que je serai maire, il n’y en aura pas. La France est une démocratie, chacun a droit à son culte, mais pas dans la rue.

Alors, oui, il fallait un lieu de culte. Est-ce l’endroit idéal ? Libre à chacun d’en juger. Mais ceux qui critiquent n’ont proposé aucune solution alternative ! Moi, je prends les Cagnois pour des adultes : je leur dis tout, même quand ce n’est pas confortable.

Autre sujet sensible : l’urbanisation. Vos opposants et certains riverains parlent de « bétonisation à outrance. » Que leur répondez-vous ?

Depuis que je suis maire, nous avons construit 1.800 logements sociaux. Je rappelle aussi que la loi SRU nous impose de construire, même si je suis opposé à ce texte appliqué mécaniquement comme un tableau Excel.

Nous respectons nos obligations, mais avec un équilibre : à Cagnes, 30 % du parc est social, et 70 % privé. Surtout, nous avons obtenu que 65 % des attributions de logements sociaux reviennent à des Cagnois. C’est une politique volontariste pour permettre aux habitants de « vivre et travailler au pays ».

Alors, quand certains disent « stop au béton », je leur demande leurs solutions. On ne loge pas les jeunes, les familles ou les salariés avec des slogans !

La sécurité, justement, sera un thème central des municipales. Comment situez-vous Cagnes-sur-Mer ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : nous sommes, pour la deuxième année consécutive, dans le top 10 des villes les plus sûres de France, et numéro 1 dans le département !

Ce n’est pas un hasard. Nous avons 230 caméras, une police municipale renforcée, et une ligne claire : la tolérance zéro. Ici, vous êtes les bienvenus, mais si vous ne respectez pas les règles, ça tombe.

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Né à Nice et diplômé de l'EDJ Nice, Romain Boisaubert couvre l'actualité des Alpes-Maritimes depuis 2014. Après avoir fondé la rubrique « Nos Quartiers » pour Nice-Presse, il dirige Menton-Presse depuis 2026. Expert de la vie locale, de la politique et du patrimoine azuréen, il est présent quotidiennement sur le terrain, de Menton à la Riviera. Engagé pour un journalisme responsable, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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