L’accession à la propriété devient de plus en plus difficile pour les classes moyennes et tend à se concentrer entre les mains des plus de 50 ans et des catégories aisées, selon un rapport publié mercredi par l’Institut Montaigne, qui appelle à promouvoir des formes de semi-propriété « plus flexibles ».
Depuis plusieurs décennies, l’accès à la propriété des classes moyennes « s’est ralenti », observe le think tank libéral. En cause : une flambée des prix immobiliers de « 88% en 20 ans », qui allonge la durée des emprunts à « 25 ou 29 ans ». Aujourd’hui, « 24% des ménages détiennent 68% des logements possédés par des particuliers ».
Cette situation s’explique par un déficit d’offre face à une demande en hausse, notamment dans les zones tendues. La décohabitation croissante des ménages et la métropolisation, qui concentre les habitants dans des territoires saturés, alimentent encore cette pression.
Une crise de l’offre aggravée
Le rapport pointe également la croissance des résidences secondaires, en hausse « plus rapide que celle des résidences principales » entre 2013 et 2018, ainsi que celle des logements vacants, dont le nombre augmente « 2,3 fois plus vite que le parc total entre 2005 et 2023 ».
« La propriété se concentre désormais de plus en plus entre les mains des plus de 50 ans et des classes aisées », soulignent les auteurs, rappelant que les classes moyennes, dépendantes de leurs revenus du travail, restent les plus vulnérables. Ce constat nourrit « colère et frustration en raison de l’attachement singulier à la propriété » en France.
Un soutien jugé insuffisant
Malgré des dépenses publiques « élevées » pour la politique du logement, le rapport estime « limité » le montant réellement dédié à l’aide à l’accession à la propriété. Les auteurs plaident pour un accompagnement renforcé des propriétaires, notamment pour transformer les logements vacants et réduire leur nombre.
Ils invitent aussi à « changer le regard sur les modes hybrides et alternatifs d’accès à la propriété ». Parmi les outils envisagés figurent le démembrement de propriété, qui sépare usufruit et nue-propriété, ou le bail réel solidaire, permettant d’acquérir le bâti sans le foncier.
Des solutions hybrides à explorer
« L’accession à la propriété doit davantage s’appuyer sur des dispositifs hybrides ou alternatifs d’accès à la propriété (propriété progressive, partagée, démembrée, etc.)», souligne l’étude. De tels dispositifs, rappellent les auteurs, « ne demandent pas d’apport personnel » et pourraient offrir une réponse aux difficultés actuelles.
Avec AFP



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.