Le procès d’un ancien policier marseillais accusé de viols sur deux enfants des rues philippins s’est ouvert lundi à Aix-en-Provence, après un retard lié aux intempéries.
Prévue le matin, l’audience a débuté plus tard en raison de l’inondation de la cour d’assises et de la menace d’effondrement d’une partie du plafond. « On verra heure par heure si ce procès peut continuer car toutes les salles d’audience sont soit occupées, soit inondées », a expliqué la présidente de la cour criminelle départementale, Nourith Reliquet.
Julien P, 46 ans, est jugé pour des faits de viols remontant à septembre 2018 et pour la détention d’environ 3.000 images et vidéos pédopornographiques. En détention provisoire depuis quatre ans, il a assumé dès l’ouverture des débats : « Je me reconnais coupable ».
Des victimes entendues depuis les Philippines
Les audiences sont publiques, conformément au souhait des cinq associations de défense de l’enfance parties civiles. Les deux victimes, frères philippins âgés de 12 et 15 ans au moment des faits, se sont constituées partie civile lundi.
À la demande de leur avocate, Me Julie Bolo-Jolly, un huis clos partiel sera sollicité mercredi pour leur audition en visioconférence. L’aîné témoignera depuis une prison aux Philippines, le plus jeune depuis l’ambassade de France à Manille. « C’est l’une des premières fois où des victimes à l’étranger sont entendues par une juridiction criminelle », souligne Me Bolo-Jolly.
Les deux frères avaient déjà confirmé les faits lors de l’enquête. Pour préparer le procès, le lien a pu être renoué avec eux grâce aux éducateurs de l’association International Justice Mission.
Derrière le policier, un visage insoupçonné
L’affaire a éclaté à Marseille après le signalement de la directrice d’un foyer, alertée par les messages suspects envoyés par ce policier à un jeune de 17 ans victime de viols. Ironie tragique, il était alors chargé de l’enquête concernant ce même adolescent.
Au fil des investigations, les soupçons se sont orientés vers le tourisme sexuel. L’homme, à l’apparence irréprochable, se rendait chaque année aux Philippines et dirigeait même la branche française d’une organisation dédiée à l’insertion des enfants des rues de Manille.
La personnalité de l’accusé sera examinée au fil des audiences. Selon un expert-psychologue, il souffrirait du « syndrome de Peter Pan », marqué par un refus de l’âge adulte et une immaturité persistante. L’enquêtrice de personnalité et un psychiatre doivent en débattre devant la cour.
Avec AFP



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