Les premières recherches en mer pour tenter de localiser les débris de la Caravelle Ajaccio-Nice, dont le crash avait fait 95 victimes en 1968, devraient se tenir d’ici la fin de l’année, ont annoncé les avocats des familles de victimes, en s’appuyant sur une source judiciaire.
Une opération de trois jours est prévue avant fin 2025 sur une zone de 8 km², dans le but de repérer l’épave de l’avion et, si possible, de réaliser des prises de vues sous-marines. C’est ce qu’ont indiqué dans un communiqué commun les avocats Stéphane Nesa, Paul Sollacaro et Philippe Soussi, à la suite d’une réunion organisée en juin entre la juge d’instruction et la Préfecture maritime de la Méditerranée.
Ces recherches seront confiées à la Marine nationale, ont précisé les conseils des familles.
« En cas d’échec de ces opérations ou d’impossibilité de retrouver les débris, la seconde option pourrait être mise en œuvre à la mi-2026, consistant en des opérations réalisées sur une zone plus large et à l’aide d’importants moyens techniques », ajoutent les avocats.
Ils saluent une étape qualifiée de « avancée historique dans le combat mené par les familles des victimes depuis 57 ans », alors qu’une messe du souvenir est prévue mardi à Nice.
Nouvelle étape judiciaire et expertise technique
En février, la juge d’instruction a délivré une commission rogatoire afin d’évaluer la faisabilité d’images ou d’un éventuel repêchage de pièces. Elle a désigné des experts chargés de mener cette étude, avait indiqué Me Paul Sollacaro à l’AFP.
Le 11 septembre 1968, la Caravelle AF 1611, reliant Ajaccio à Nice, s’était abîmée en mer au large d’Antibes après 45 minutes de vol. L’accident avait coûté la vie à 95 passagers et l’épave avait été retrouvée à près de 2.000 mètres de profondeur.
Enquête relancée face aux zones d’ombre
Une première instruction pour homicide involontaire avait été clôturée en 1973 par un non-lieu, la piste privilégiée étant celle d’un incendie survenu dans la cabine-toilette. Mais en 2012, une nouvelle enquête a été ouverte pour « soustraction et recel de preuves ». Six ans plus tard, la justice a demandé la levée du secret-défense, estimant qu’il fallait examiner sérieusement l’hypothèse d’un missile accidentel tiré depuis la base militaire du Levant, près d’Hyères.
En juillet 2019, le ministère des Armées a transmis des documents aux juges, jugés « très insatisfaisants » par les familles.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, avait souligné en novembre que « plusieurs éléments sérieux, notamment des témoignages mais également des éléments matériels, tendent à montrer que des autorités civiles et/ou militaires ont pu chercher à faire obstacle à la détermination des causes et des circonstances réelles du crash de la Caravelle ».
Avec AFP



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