Entre « plus de 500.000 » et « plus d’un million » de personnes ont manifesté jeudi dans toute la France contre « l’austérité », une mobilisation nettement supérieure à celle du 10 septembre, afin d’influer sur les décisions budgétaires du nouveau Premier ministre.
La CGT a affirmé avoir rassemblé « plus d’un million de personnes » à l’échelle nationale, tandis que les autorités ont compté « plus de 500.000 » manifestants, dont « 55.000 » à Paris. La semaine précédente, le mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, n’avait réuni que « près de 200.000 » participants.
Les secteurs de l’éducation et des transports ont été particulièrement affectés. Le ministère a recensé un enseignant gréviste sur six dans les écoles et collèges, tandis que le Snes-FSU a évoqué 45% du personnel mobilisé dans le secondaire. Vingt-trois lycées étaient totalement bloqués et des filtrages ont eu lieu devant 52 autres.
Parmi les agents de la fonction publique d’État, 10,95% des 2,5 millions d’employés étaient en grève, surtout dans l’Éducation nationale. Le syndicat L’Union étudiante a indiqué que « 110.000 jeunes » se sont mobilisés, avec « 14 facs bloquées et 60% des universités » touchées.
L’Opéra Garnier a annulé « la représentation de l’opéra Ariodante » pour cause de grève. Dans les transports, les perturbations étaient notables, mais pas de situation « bloquée », selon le ministère des Transports. EDF a signalé une baisse de production de 4.000 MW, soit l’équivalent de quatre réacteurs nucléaires. Les pharmaciens ont également protesté, environ 18.000 officines étant fermées sur 20.000, selon la FSPF.
L’avertissement clair des syndicats
Huit organisations syndicales – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires – ont relancé leur unité en appelant à cette journée nationale de mobilisation. « On lance un avertissement très clair au gouvernement et à Sébastien Lecornu », a déclaré Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. « On veut un budget de justice fiscale, sociale et écologique », a-t-elle ajouté.
Dans le cortège parisien, Hervé Renard, délégué syndical CFTC, a dénoncé : « On demande encore aux ouvriers de faire des efforts. J’ai pas de dettes, moi. La dette de l’Etat c’est lui qui l’a faite, pas moi ». De son côté, Sonia, professeure de 58 ans, a confié : « Au quotidien c’est difficile, s’octroyer des loisirs on y regarde à deux fois. Les dépenses de plaisirs spontanés, c’est terminé tout ça ». Olivier Balosso, venu avec ses enfants, a ajouté : « On se fait marcher dessus depuis des années, les politiques fiscales favorisent les riches et les ultrariches au détriment des autres. Les pauvres crèvent la dalle. La solidarité a été détricotée ».
Des incidents ont toutefois émaillé la journée. Selon la police, 181 interpellations ont eu lieu, dont 31 à Paris. À Marseille, une vidéo largement relayée a montré un policier donnant un coup de pied à une manifestante au sol. La préfecture a précisé que 200 personnes « hostiles » étaient présentes à proximité. À Paris, des projectiles ont été lancés contre les forces de l’ordre. À Rennes, les CRS ont riposté avec de nombreux gaz lacrymogènes, un gendarme mobile ayant été blessé lors d’une interpellation. À Lyon, des heurts ont fait trois blessés, dont un journaliste de France TV.
Avec AFP



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.