« J’ai pas d’équipe, c’est une invention » : Yassine A a nié mardi toute responsabilité à la tête d’une organisation criminelle en Corse, présentée comme la première structurée autour d’un clan maghrébin. L’homme est jugé depuis lundi par le tribunal correctionnel de Marseille pour association de malfaiteurs en vue de commettre un assassinat.
Âgé de 39 ans et déjà condamné à une vingtaine de reprises, Yassine A a été arrêté à Afa (Corse-du-Sud) le 4 janvier 2021 en compagnie de deux jeunes de Propriano. Les enquêteurs avaient découvert une Kalachnikov entre ses jambes, des gants en latex aux mains et des cagoules dans leurs poches. Selon l’accusation, « ils étaient prêts à passer à l’action ».
L’accusé a fermement nié tout projet d’assassinat. Les enquêteurs affirment pourtant qu’un contrat aurait été conclu avec Louis Carboni, présenté comme le chef d’un groupe criminel de Cargèse, pour venger son fils tué le 12 août 2020.
Devant le tribunal, Yassine A a expliqué qu’au moment de son arrestation, il se préparait simplement à vendre un véhicule et une moto volée, ainsi qu’une Kalachnikov achetée en 2018 et entreposée chez une amie à Porto-Vecchio. « J’étais un voleur de voitures et lorsque je suis sorti de prison le 1er septembre 2020, j’ai repris mon activité de voleur », a-t-il précisé.
Interrogé sur le port de gilets pare-balles, il a raconté qu’à 16 ans, lors d’une transaction d’armes, quelqu’un lui avait « tiré dessus ». « On ne sait jamais, un accident est vite arrivé », a-t-il ajouté.
Face à la cour, l’homme a déclaré vouloir « prendre (s)es responsabilités » et disculper ses cinq coprévenus, présentés comme les exécutants de son groupe. Il se définit comme « l’unique fautif dans l’histoire ».
Procès en Corse : tensions, aveux et récits d’un parcours criminel assumé
Commentant une vidéo de passage à tabac retrouvée sur le téléphone d’un de ses coprévenus, A a reconnu en être le commanditaire. « J’ai envoyé quelqu’un le frapper et filmer », a-t-il admis. Dans un autre dossier, dix-huit vidéos similaires ont été découvertes dans son portable. « Oui je fais frapper des gens, c’est mes habitudes », a-t-il reconnu.
Mis en examen à Ajaccio pour l’agression d’un de ses coprévenus — lequel avait bénéficié d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité — il a encore assumé son geste. « Il m’a mal parlé, m’a menacé de me faire éclater en prison, il a eu ce qu’il mérite. Heureusement que c’était pas moi, je lui aurais fait pire », a-t-il lancé. Ce à quoi la présidente du tribunal a répondu : « Pire, c’est la mort ».
Les deux jeunes interpellés à ses côtés ont eux aussi nié toute volonté criminelle, affirmant ne vouloir que vendre un véhicule volé. « On n’est pas une bande, on est des amis », a déclaré l’un d’eux, répétant : « On voulait tuer personne, on voulait venger personne ».
Les réquisitions du procureur sont attendues mercredi matin.
Avec AFP



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