Installé depuis plusieurs années sur la colline dominant le collège Jean Rostand et le boulevard de la Madeleine, Thierry porte un regard fin, souvent tendre, sur ce quartier en pleine transformation. Tranquillité, solidarité et cadre de vie privilégié, il nous raconte comment il a fini par s’y enraciner.

Il sourit encore en racontant la scène. « On m’a presque forcé à venir visiter. Honnêtement, si on ne m’avait pas poussé, je n’aurais même pas décroché mon téléphone pour l’annonce. »

Ce jour-là, sans trop y croire, il grimpe le boulevard de la Madeleine, franchit quelques virages et se laisse surprendre. La maison qu’il pensait « trop loin », « trop en hauteur », dans un coin qu’il jugeait « pas attractif », lui ouvre soudain une perspective insoupçonnée. Une façade plein sud, un calme étonnant, et surtout cette vue qui s’étire sur les collines niçoises.

« J’ai compris en cinq minutes que j’étais venu pour acheter, sans même l’avoir prévu » se souvient-il. Et avec cette maison, c’est un quartier entier qu’il a appris à découvrir.

Un esprit de village qu’il apprécie

La Madeleine n’est pas un secteur que l’on traverse par hasard. Elle se grimpe, s’apprivoise. Mais une fois installé, on en mesure les nuances. « C’est très vivant, mais jamais oppressant. Il y a du passage sur le boulevard, oui, mais ici, juste au-dessus, vous retrouvez un vrai calme. »

« Il se lit comme une succession de petits mondes », entre les maisons du haut, les immeubles plus bas, la cité arménienne, les jardins partagés et les quelques commerces qui tracent une véritable colonne vertébrale.

« Ce que j’aime ici, c’est que l’on croise toujours quelqu’un. On se connaît vite, on discute, on se demande des nouvelles. C’est un quartier qui reste populaire, mais pas au sens péjoratif, plutôt au sens humain. »

Regard lucide sur les défis du quartier

Il n’idéalise pas pour autant. « La circulation, tout le monde en parle. Il y a trop de vitesse sur certaines portions. La ‘zone 30’, je la comprends. Dès qu’on vit ici, on comprend. »

Le stationnement, aussi. « C’est un sujet de tension, surtout en bas. » Concernant le sentiment d’insécurité pointé par d’autres riverains, Thierry est plus mesuré. « Ce n’est pas dangereux, loin de là. C’est bruyant par moments, c’est tout. » Il évoque les regroupements, « un peu sonores, mais jamais agressifs. »

Pour lui, la Madeleine a surtout besoin de « plus de structures, plus de lieux où se retrouver. » « Quand on voit ce que fait le comité, on mesure à quel point les habitants ont envie que le quartier bouge dans le bon sens. »

Gare sauvée : « quand les gens se parlent, ils peuvent réellement peser »

Gare de la Madeleine
(DR)

Depuis sa maison qui domine la colline, il suit d’ailleurs attentivement les évolutions portées par le comité des riverains.

« Les jardins partagés, c’est une idée brillante. On voit bien que ça crée du lien. J’ai aussi vu que l’association s’était mobilisée concernant la préservation de notre gare. Ça montre que quand les gens se parlent, ils peuvent réellement peser. »

Quand on lui demande s’il imaginerait vivre ailleurs, il hésite. Puis s’affirme. « Non. J’ai trouvé ici une qualité de vie incroyable. C’est une colline où l’on respire, où l’on voit loin, où l’on connaît ses voisins. »

Et jette un œil vers sa terrasse baignée de soleil. « C’est simple, je n’avais pas prévu d’habiter la Madeleine. Maintenant, je n’imagine plus en partir. »

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Né à Nice et diplômé de l'EDJ Nice, Romain Boisaubert couvre l'actualité des Alpes-Maritimes depuis 2014. Après avoir fondé la rubrique « Nos Quartiers » pour Nice-Presse, il dirige Menton-Presse depuis 2026. Expert de la vie locale, de la politique et du patrimoine azuréen, il est présent quotidiennement sur le terrain, de Menton à la Riviera. Engagé pour un journalisme responsable, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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