Palaces, hôtels, villas, immeubles… À Menton, les traces de la Belle Époque apparaissent presque à chaque coin de rue. Une présence qui s’explique par le développement spectaculaire de la ville à la fin du XIXᵉ siècle !

Il suffit de lever les yeux en se promenant dans Menton pour apercevoir ces balcons ouvragés, ces façades décorées ou ces anciens palaces aux lignes impressionnantes.

Cette forte présence de l’architecture Belle Époque n’est pas un hasard. Elle correspond à la période où la ville a connu l’une des plus grandes phases de transformation de son histoire.

« De la Révolution française à la Première Guerre mondiale, Menton passe d’environ trois mille habitants à presque vingt mille » rappelle David Rousseau, chef de projet « Ville d’art et d’histoire ». Une croissance rapide qui entraîne l’extension progressive de la ville au-delà de son périmètre historique. 

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© Romain Boisaubert / Menton-Presse

La population a grimpé et des quartiers sont créés. « Menton s’est construite par étapes. Ils sont partis de la vieille ville et ont fini par s’étendre petit à petit. Au XIXᵉ siècle, tout a vraiment changé » explique-t-il. Des secteurs entiers, comme celui de la Condamine, ont vu le jour. 

Cette expansion a coïncidé avec l’essor du tourisme hivernal. Au milieu du XIXᵉ siècle, le médecin britannique Henry Bennet a recommandé le climat azuréen à ses patients souffrant de problèmes pulmonaires. Ses écrits ont rapidement attiré une clientèle fortunée venue passer l’hiver sur la Riviera.

Une concentration exceptionnelle de palaces !

L’arrivée du train en 1869 a encore accéléré le phénomène. « Avant, il fallait presque trois semaines pour rejoindre Menton en calèche. Avec le train, on mettait quarante-huit heures depuis Londres » souligne David Rousseau. Les hivernants britanniques pouvaient alors voyager plus facilement, parfois avec leurs meubles et leur personnel…

Une nouvelle clientèle qui a rapidement entraîné une explosion de l’hôtellerie. Menton était alors l’une des grandes stations hivernales d’Europe.

« On compte vingt-deux palaces de la Belle Époque à Menton » énumère David Rousseau. Un chiffre impressionnant pour une ville de 30 000 habitants. « En 1900, il y avait même une vingtaine d’hôtels de plus à Menton qu’à Cannes. »

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© Romain Boisaubert / Menton-Presse

Contrairement à Nice, où les établissements sont souvent plus monumentaux, les palaces mentonnais sont nombreux mais de dimensions plus modestes. Certains bâtiments emblématiques témoignent d’ailleurs encore de cette époque. 

C’est le cas notamment de l’Astoria (notre photo principale), un hôtel fréquenté autrefois par l’écrivain Robert Louis Stevenson, qui était venu à Menton pour soigner des problèmes pulmonaires. 

Au fil des décennies, beaucoup de ces palaces ont adopté un nouvel usage, souvent transformés en copropriétés ou réhabilités. « Et à Menton, même des immeubles plus récents reprennent les codes de la Belle Époque. »

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Né à Nice et diplômé de l'EDJ Nice, Romain Boisaubert couvre l'actualité des Alpes-Maritimes depuis 2014. Après avoir fondé la rubrique « Nos Quartiers » pour Nice-Presse, il dirige Menton-Presse depuis 2026. Expert de la vie locale, de la politique et du patrimoine azuréen, il est présent quotidiennement sur le terrain, de Menton à la Riviera. Engagé pour un journalisme responsable, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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