Hausse des coûts et climat d’incertitude, l’économie de Provence-Alpes-Côte d’Azur marque le pas en ce début de printemps. L’agroalimentaire et le tourisme gardent le cap, le bâtiment et les services informatiques affichent des signes de fatigue, poussant les patrons de la région à une vigilance accrue pour les mois à venir.

Le printemps ne semble pas encore synonyme d’embellie pour tous les acteurs économiques de notre territoire. Selon la dernière enquête de la Banque de France, réalisée entre fin mars et début avril 2026, l’ambiance dans les bureaux et sur les chantiers de la région est à la retenue. En cause, un cocktail complexe mêlant instabilité géopolitique et flambée du prix des matières premières…

L’industrie et les services à deux vitesses

Dans nos zones d’activités, l’industrie régionale parvient à maintenir une croissance modérée, portée par la vitalité de l’agroalimentaire et la fabrication d’équipements électroniques. Pourtant, tout n’est pas rose. Les entreprises doivent jongler avec le prix du plastique et des dérivés du pétrole qui s’envole. Pour ne pas faire fuir les clients, beaucoup de dirigeants choisissent pour l’instant de ne pas répercuter ces hausses, quitte à voir leurs propres marges se réduire.

Côté services, le bilan est tout aussi contrasté. Si vous travaillez dans l’informatique, le mois de mars a été plus calme que d’habitude. À l’inverse, les secteurs de l’hébergement et des transports continuent de profiter d’une bonne dynamique, même si les transporteurs surveillent leur trésorerie comme le lait sur le feu à cause du prix du carburant qui grimpe plus vite que leurs devis.

Le bâtiment à la peine, la prudence comme mot d’ordre

Le secteur du bâtiment traverse, lui, une zone de turbulences plus marquée. Entre une météo capricieuse ces dernières semaines et l’attentisme lié au contexte électoral, l’activité est jugée dégradée. La concurrence est telle que les entrepreneurs ne peuvent pas ajuster leurs tarifs malgré le coût des matériaux, rendant la situation fragile, notamment dans le second œuvre.

Face à ce manque de visibilité, les chefs d’entreprise de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont décidé de lever le pied. Pour le mois d’avril, la tendance est plutôt à la stagnation. Une prudence partagée à l’échelle nationale, même si la Banque de France garde une note d’optimisme avec une légère progression du PIB espérée grâce aux secteurs technologiques et à l’automobile.

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Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l'économie locale et de l'immobilier, il suit de près l'évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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