Non loin de la rue Barla étouffée par les voitures, la place Arson est un petit poumon vert au milieu des immeubles. Au premier coup d’œil, elle a tout pour plaire : son parc pour enfants, son terrain pour les boulistes, sa belle allée ombragée… mais les riverains ont voulu faire remonter à Nice-Presse leurs inquiétudes. Et leurs attentes.
FAITES-VOUS ENTENDRE - « C’est intimiste, ça fait du bien par rapport à des squares hyper fréquentés, concède Laure-Élodie qui vit à deux pas. Mais on ne se sent plus en sécurité ».
« En rentrant du collège, ma fille a peur d’y passer. Elle s’impose un grand détour à chaque fois » raconte Aurore, irritée. Derrière son ambiance paisible, l’état de la place Arson préoccupe parfois les habitants.
Pour la plupart, le trouble est lié à des « bandes de jeunes qui traînent autour des esplanades, parfois devant l’école maternelle. Ils sont nombreux, à l’écart, avec leurs capuches, décrit cette résidente. Même s’ils ne font rien, ça ne donne pas envie de s’attarder ».
Trafic de drogue et zonards

« Il y a aussi du trafic de drogue, soutient Aurore. Avant, je vivais là-bas… c’est devenu insupportable, j’ai déménagé. Parfois, je devais me faufiler entre eux, pendant leur deal, en m’excusant ».
D’autres évoquent plutôt un « sentiment d’insécurité » à cause des « toxicomanes dans le coin des boulistes, souffle Christian, père d’une fille de trois ans. Je n’y passe jamais avec elle. Le soir, je peux les entendre hurler de mon salon ».

Certains commerces alentour en témoignent. « Il y en a qui zonent devant le magasin, rapporte Marie, secrétaire sur la rue Scaliero, qui longe la place. J’y repense à la fin de la journée, en tant que femme, quand je devrai sortir du magasin ».

On note tout de même quelques avancées. « La place des Cigalusa, en face, est fermée la nuit, seuls les habitants peuvent y aller. Ça limite les passages des scooters et skateurs qui slalomaient sur Arson pour aller squatter », note Laure-Élodie.

Il y a d’autres préoccupations, notamment « les commerces qui ferment à vue d’œil », raconte Aurore. « On avait mangé dans un bon restaurant, une fois, mais ils ont mis la clé sous la porte », comme tant d’autres dans le quartier.
« Ce qui est dommage aussi, c’est d’avoir fermé les deux squares avec des barrières. Ça sépare les gens des commerces. C’est moins convivial ».
Marché, animations : les solutions du quartier pour se relancer

Mais les espoirs sont là, et les idées aussi. « On pourrait mieux utiliser le square, imagine Laure-Élodie, organiser plus d’activités autour, pour attirer du monde et moins de nuisances. On a une belle météo, on devrait en profiter !»

« Un grand marché ! pense Laurence qui connaît le coin comme sa poche, ça amènerait du monde et ça rendrait la place plus vivante. C’est vraiment un village par ici, assure-t-elle, ça irait très bien avec l’état d’esprit des habitants de Riquier ».
La place Arson : un haut lieu populaire des boulistes niçois
Située au cœur du quartier Riquier, la place Arson doit son nom à la famille Arson, et notamment à Pierre-Joseph Arson, homme d’affaires et banquier installé à Nice au début du XIXe siècle. L’espace, autrefois connu comme la place de la Manufacture, s’est imposé à partir de la fin du XIXe siècle comme l’un des grands lieux de la culture bouliste niçoise.
Avec ses terrains, elle a longtemps accueilli joueurs de pétanque et amateurs de longue, au point de devenir une institution de quartier. Au début des années 2000, la place a fait l’objet d’un important projet de réaménagement confié au cabinet Wilmotte, destiné à préserver l’activité tout en redessinant l’espace public. Sans pouvoir éviter sa dégringolade, donc.



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