Depuis plus de cent soixante ans, les Niçois règlent leur montre sur une détonation qui déchire le ciel azuréen. Cette tradition insolite cache l’histoire d’un mari anglais très pressé de passer à table…
Le coup de canon de midi fait partie de notre « paysage sonore », au même titre que les cris des mouettes. Pour les habitués, c’est le signal de la pause déjeuner, mais pour les nouveaux arrivants, c’est souvent une sacrée surprise !
Tout commence avec un certain Sir Thomas Coventry-More, colonel de l’armée britannique. Il s’installe à Nice avec son épouse vers 1860 pour profiter de la douceur du climat hivernal. Le souci, madame Coventry-More traîne souvent lors de ses promenades matinales. Elle oublie l’heure, flâne sur la promenade, et rentre bien trop tard pour le repas.
Monsieur a faim, Monsieur attend, et Monsieur s’impatiente sérieusement. Pour que son épouse rentre à l’heure, il propose à la mairie de tirer un coup de canon chaque jour à midi pile.
Un colonel anglais aux commandes du déjeuner

Certains historiens locaux nuancent cette version un peu romantique du mari affamé. Si le personnage existe bien dans les registres, les archives municipales suggèrent que la ville cherche surtout un repère fiable.
À cette époque, les horloges publiques manquent de précision et les habitants sont souvent décalés. En 1867, un arrêté municipal officialise cette pratique sonore pour coordonner tout le monde.
On utilise alors une véritable pièce d’artillerie installée au sommet de la colline du Château. Aujourd’hui, la technologie change mais le rituel demeure. C’est un gros artifice pyrotechnique qui remplace la poudre noire.
Le métier qui fait trembler les vitres

Philippe Arnello, employé municipal, s’occupe de cette mission depuis plus de vingt ans avec une passion intacte. Il grimpe chaque matin sur la colline pour préparer l’explosion quotidienne.
Et confie parfois dans les colonnes des journaux : « C’est une fierté de perpétuer ce bruit que tout le monde attend, même si on sursaute encore parfois ».
Les sources historiques comme les « Chroniques niçoises » précisent que la tradition s’interrompt uniquement lors de crises majeures. Encore aujourd’hui, on y entend le battement de cœur d’une ville qui refuse de vivre sans ses petites habitudes…



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