Ici, sur les bords du Var, l’air marin ne suffit plus à gonfler les prix comme autrefois. Pour comprendre ce qui se trame réellement dans les agences de la commune, il faut se pencher sur les données récentes de la plateforme spécialisée Meilleurs Agents, qui confirment une tendance à l’assagissement en ce mois de mai 2026.
Le constat est sans appel pour les propriétaires de villas car les prix des maisons ont dégringolé de 4,5 % en l’espace d’un an. À Saint-Laurent-du-Var, on est loin de l’euphorie post-pandémie. Le mètre carré moyen s’établit désormais autour de 5 110 euros pour l’ensemble des biens.
Mais ce chiffre global est un trompe-l’œil qui mérite d’être décortiqué avec précision. D’un côté, les appartements résistent avec une hausse annuelle de 6,1 % malgré un léger coup de frein de 2 % ces trois derniers mois. De l’autre, la maison laurentine perd de sa superbe et se négocie en moyenne à 5 158 euros le mètre carré, un tarif presque identique à celui d’un simple trois-pièces en centre-ville.
Les quartiers qui résistent et ceux qui tirent la langue
La géographie des prix reste marquée par des écarts vertigineux qui rappellent que chaque rue a son histoire. L’avenue de Verdun ou l’avenue Saint-Hubert continuent de caracoler en tête des secteurs les plus onéreux, dépassant allègrement les 6 000 euros le mètre carré. À l’inverse, les familles en quête de bonnes opportunités regardent de plus près la rue du Trinco ou l’avenue des Pignatières, où les tarifs retombent sous la barre des 4 400 euros.
Cette accalmie printanière ne signifie pas pour autant un effondrement généralisé. Les professionnels du secteur observent une prudence accrue des acquéreurs, fatigués par des taux qui restent un frein psychologique majeur. La ville ne semble plus être cette valeur refuge automatique face à la voisine niçoise, même si elle conserve ses atouts de proximité immédiate avec l’aéroport et les zones d’activités.
Une location qui reste une affaire de gros sous
Pour ceux qui n’ont pas les reins assez solides pour acheter, le marché locatif ne fait aucun cadeau. Le loyer moyen pour un appartement flirte avec les 19,7 euros par mètre carré. Pour une maison, il faut carrément compter 21,3 euros.
Il serait hasardeux de prédire une chute libre ou un rebond spectaculaire pour la fin de l’année. La dynamique actuelle suggère plutôt un retour à la raison, où la négociation redevient la règle et le coup de cœur une exception coûteuse. Saint-Laurent-du-Var traverse une zone de turbulences douces, une période de transition où le pouvoir semble changer de camp, passant doucement des mains des vendeurs à celles des acheteurs les mieux informés.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.