C’est la table dont tout le monde parle à Menton. Et elle vient même de décrocher une prestigieuse distinction au Guide Michelin. Aux manettes de L’Orangerie, le chef d’origine japonaise Mitsuyasu Mashita y bouscule la tradition locale avec la rigueur d’un palace, et les tarifs d’un bistrot.

En juillet 2022, Mitsuyasu Mashita a discrètement posé ses valises rue de la Marne, à l’ombre des agrumes. Moins de quatre ans plus tard, son établissement est devenu l’un des mieux notés de la ville. Le secret de ce succès fulgurant ? Une cuisine qui fait voyager les papilles sans jamais assommer le portefeuille.

Quinze ans chez un double étoilé à La Turbie

En février dernier, le Guide Michelin lui attribuait l’un de ses prix, le Bib Gourmand. De quoi faire tourner les têtes ? Pas celle du patron. « L’étoile, ce n’est pas l’objectif ici » sourit dans Menton-Presse le gérant. « Mon but, c’était d’avoir le Bib. Proposer une table accessible, pour accueillir tout le monde, où l’on mange simplement bien. »

Le nom du restaurant s’est imposé naturellement. « Avec notre terrasse couverte, cela donne tout de suite cette impression d’orangerie. » Un havre de paix, à l’abri du bruit des voitures, qui séduit une clientèle variée de Mentonnais, de touristes et de voisins italiens.

L'Orangerie - Menton
© Romain Boisaubert / Menton-Presse

Pourtant, la perle de la Riviera n’était pas forcément le point de départ de ce professionnel d’origine asiatique. Son CV affiche une expérience notable comme second de cuisine à l’Hostellerie Jérôme, la célèbre adresse doublement étoilée de La Turbie.

« Ma vie est ici maintenant. J’aime la Côte d’Azur et nous sommes proches de l’Italie pour avoir de beaux légumes, un peu moins chers. Il y a la mer, la montagne… pour moi, il y a tout. Et puis, par rapport à d’autres villes de la côte, il y avait peut-être un peu moins de concurrence sur ce créneau. »

Mousse de poivron, foie gras maison, thon au sésame…

À la base, la cuisine de Mitsuyasu Mashita est résolument française. Mais ses racines ne sont jamais bien loin. « Comme je suis d’origine japonaise, je mélange de petites touches, des condiments et des techniques de chez moi. J’utilise des algues séchées, de la sauce soja, du miso ou un condiment pimenté au yuzu. »

La carte change régulièrement pour suivre le rythme des saisons. En ce moment, l’été s’invite avec « un gaspacho permanent », ou encore « une aérienne mousse de poivron rouge accompagnée d’un tartare de fruits de mer aux gambas et au citron. »

L'Orangerie - Menton
© Romain Boisaubert / Menton-Presse

Parmi les valeurs sûres, on retrouve le foie gras, une terrine que le chef prépare lui-même chaque semaine. « Il vient de la Maison Andignac, un producteur avec qui je travaille depuis quinze ans. Une très belle qualité. »

Autre plat phare de la saison : le thon rouge de Méditerranée, travaillé en mi-cuit avec une croûte de sésame. « Je le sers avec une sauce antiboise revisitée à ma façon, à base d’huile d’olive et de jus de citron, où je rajoute de l’huile de sésame et de la sauce soja pour le côté asiatique, évidemment. »

En savoir +

  • L’Orangerie
  • 3 Rue de la Marne, 06500 Menton
  • Téléphone : 04 97 14 84 91
  • Horaires : du mardi au samedi (12h-14h et 19h-21h30)
  • Prix : comptez 50 euros par personne en moyenne
  • Instagram

Partagez cette info

Né à Nice et diplômé de l'EDJ Nice, Romain Boisaubert couvre l'actualité des Alpes-Maritimes depuis 2014. Après avoir fondé la rubrique « Nos Quartiers » pour Nice-Presse, il dirige Menton-Presse depuis 2026. Expert de la vie locale, de la politique et du patrimoine azuréen, il est présent quotidiennement sur le terrain, de Menton à la Riviera. Engagé pour un journalisme responsable, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

1 Commentaire

Il était temps de faire un article sur ce chef étant Moi même cuisinier à la retraite il le mérite
J Y suis allé mangé plusieurs fois