Un an tout juste après la retentissante Conférence des Nations unies sur l’Océan organisée à Nice, le gouvernement accélère la cadence depuis Paris pour protéger le milieu marin. Les ministres Monique Barbut et Catherine Chabaud ont dévoilé ce lundi un vaste plan d’action interministériel contre les déchets plastiques et acté la création de trois nouvelles aires maritimes hautement préservées.

Les eaux troubles de la Seine ont servi de point de départ visuel, ce lundi, à une nouvelle offensive de défense environnementale. Depuis les quais parisiens, les ministres Monique Barbut et Catherine Chabaud ont levé le voile sur le plan d’action interministériel 2026-2030 destiné à endiguer le fléau des déchets plastiques.

Cette feuille de route entend combattre les rebuts échouant en mer en structurant et en coordonnant les interventions étatiques, de l’amont vers l’aval. L’objectif ciblé par le document officiel est de focaliser les ressources sur les priorités absolues.

« Ce plan consiste d’abord (…) à regarder comment on réduit mieux le plastique en amont, (…) mais aussi en travaillant sur des matériaux qui sont plus facilement recyclables, comme les matériaux biosourcés », a souligné Catherine Chabaud lors de son discours.

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Un rempart élargi pour les sanctuaires nationaux

L’autre annonce majeure s’est tenue au sein du Jardin des Plantes, à l’ouverture du Neptune Forum. L’événement se positionne comme le grand rendez-vous économique et scientifique mondial de l’exploration océanique.

« Je suis ravie d’annoncer aujourd’hui avec Catherine Chabaud (ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, ndlr) trois nouvelles zones de protection forte », a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Ces secteurs intouchables se situent dans la baie d’Audierne dans le Finistère, au large de la Guadeloupe, ainsi que dans les Terres australes et antarctiques françaises. Ces classifications interdisent ou limitent drastiquement les prélèvements par la pêche, les activités d’extraction sous-marine ou encore l’exploitation touristique.

Grâce à ces sanctuaires, la part des eaux françaises sous protection stricte grimpe à 14,68 %. « Nous nous rapprochons ainsi fortement de l’objectif que nous nous sommes donnés à l’UNOC (la conférence des Nations unies sur les océans de juin 2025, ndlr), d’atteindre 14,8 % d’ici la fin de cette année », a précisé la ministre.

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La « diplomatie bleue » gagne du terrain

La résonance de la conférence tenue il y a un an à Nice reste le moteur de cette dynamique. Le sommet azuréen avait abouti à la ratification par cinquante États du traité sur la haute mer, dit BBNJ, visant à sécuriser la moitié du globe.

« Aujourd’hui nous sommes à plus de 90 » pays signataires, s’est félicité Olivier Poivre d’Arvor, l’ambassadeur français pour les océans et les pôles.

La stratégie diplomatique trace désormais une ligne directe vers la prochaine échéance majeure. « Notre objectif (…) c’est de faire que le 11 janvier 2027, à New York, aux Nations Unies, lors de la première COP de l’océan, la COP de la haute mer, nous soyons plus de 120 pays autour de la table », a-t-il ajouté.

Malgré l’absence de certains acteurs de poids, la mobilisation progresse. « Certes, certains pays ne ratifieront pas, je pense notamment aux Etats-Unis, la première zone exclusive économique. Mais c’est comme les réunions de copropriété, l’important c’est d’avoir le maximum de millièmes, et nous avons le maximum de millièmes à travers tous ceux qui ont déjà ratifié », a illustré l’ambassadeur.

Une fracture transatlantique assumée

Le rassemblement a également mis en lumière l’intransigeance des instances européennes face aux reculs étrangers. Le commissaire européen à l’Océan, Costas Kadis, a profité de ce lancement pour plaider auprès des journalistes en faveur d’une coopération internationale vitale. Il a réaffirmé qu’aucun pays ne pouvait assurer seul la préservation des flots.

L’Union européenne pousse en ce sens avec OceanEye, un programme de surveillance annoncé en mars par la présidente de la Commission, qui appelle à forger une véritable alliance mondiale.

Le contraste est abyssal outre-Atlantique. L’administration Trump a d’ores et déjà entamé le démantèlement d’un réseau d’infrastructures dévolu à l’étude des environnements côtiers, des courants marins et du climat mondial.

Face à cette régression, la réponse européenne s’affirme. « En tant qu’Européens, nous sommes convaincus que l’observation des océans est essentielle à leur préservation et à une meilleure gestion, aux prévisions météorologiques (…), à la recherche et à l’innovation, et bien sûr, à la sécurité et à la défense », a martelé le commissaire européen.

Nice-Presse avec l’agence

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