Le préfet maralpin vient d’annoncer sa décision finale à Nice-Presse. Malgré les très vives remontrances des maires de Nice et de Cannes, Laurent Hottiaux confirmait dans nos colonnes vendredi que son paquet de mesures présentées en octobre s’imposera à tous par un arrêté départemental d’ici à quelques jours. David Lisnard dénonce dans Cannes Actus un « mépris pour le travail local ».
« L’État prend ses responsabilités ». Alors que depuis janvier dernier, Christian Estrosi dans la métropole de Nice puis David Lisnard à Cannes ont présenté des dispositifs distincts pour restreindre l’activité des croisiéristes (jugée parfois trop polluante) sur leurs côtes, le préfet des Alpes-Maritimes nous confirmait vendredi 5 décembre que ces mesures, bien plus sévères, ne s’appliqueront pas. Au terme d’une large consultation, c’est donc l’État qui reprend la main, via « un arrêté qui sera signé avant le 31 décembre 2025 ».
« Les initiatives qui avaient été prises étaient désordonnées, illégales et conduisaient à des polémiques en permanence. À opposer les uns et les autres » regrette à notre micro Laurent Hottiaux. Le détail des éléments n’a pas été transmis mais « la ligne est inchangée, nous restons sur ce qui fut développé en octobre ».
Soit : limiter le nombre de passagers débarqués à 3000 par jour ; concernant les navires de plus de 1300 usagers mouillant au large, un seul bâtiment pourrait être accueilli par jour et par site. En juillet et août, ce seuil serait fixé à un maximum de 15 escales par mois. En cas d’épisode de pollution de niveau 1, les compagnies devront réduire leurs émissions polluantes. Si le niveau 2 est atteint, ce serait l’annulation.
« En revanche, j’ai un pouvoir sur le port…»

À l’ouest, la réaction de l’édile n’a vraiment pas tardé. David Lisnard (Les Républicains / Nouvelle Énergie) livre lundi son analyse, passablement remontée, au journal local Cannes Actus.
« Je ne comprends pas ce mépris pour le travail local » soupire cette figure politique du Sud-Est chez nos confrères. Pas ravi par la démonstration d’autorité du préfet : « Il prend l’arrêté qu’il veut. Je n’ai pas de pouvoir sur les bateaux de croisière dans la baie. Les unités ne sont pas à Cannes, mais au large de Cannes, là où l’État a une autorité. En revanche, j’ai un pouvoir sur le port…»
« Ces bateaux iront dans la baie, mais ils ne viendront pas à Cannes ». Au sujet du prochain arrêté, « c’est absolument scandaleux et irrespectueux. Je me battrai tant que je peux contre l’abus, ce qui pollue l’environnement et le paysage. »
Le maire réclame désormais que le pouvoir de police soit partagé avec la commune : « Les Cannois savent mieux ce qu’il faut pour Cannes que le préfet…». Et prévoit que le texte qui lui est imposé « aura une portée très limitée ».
Le 10 octobre dernier, de son côté, Christian Estrosi (Horizons) avait menacé de poursuivre l’État pour « carence fautive ». Ce qu’il n’a pas reconfirmé ces derniers jours. Le 5 décembre, il annonçait que la Métropole Nice Côte d’Azur renforce « la tarification des navires les plus polluants ».
- En 2024, 175 navires ont fait escale dans la baie de Cannes et 103 dans la rade de Villefranche (loin des 624 enregistrés à Marseille) mais les statistiques du ministère de la Transition écologique ne précisent pas leur taille.






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