Municipales 2026 - Très attendu et abordé comme un monument de divertissement, le tout premier débat TV niçois diffusé sur France 3 Paca a en fait donné lieu à des échanges dignes et intéressants, illustrant nettement le positionnement adopté par les candidats des quatre listes en tête dans les sondages. Avec des frustrations. Qui s’en est le mieux tiré ? Que retenir en bref ?
La gauche très en retrait
La soirée a presque accouché d’une joute entre les deux candidats de droite. Les têtes de liste des progressistes ont même parfois carrément disparu de certains passages de l’émission. Éric Ciotti (RN-UDR) n’a pas mal réussi son inévitable challenge, mitrailler le bilan de son principal adversaire sans paraître arrogant ou agressif. Dans l’ensemble, un exercice percutant. Sourire, tacles, quelques arguments bien sentis. Sauf sur le tramway ! (voir ci-bas)
En face, Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons) a démarré doucement, survolant trop ses adversaires et sans toujours vraiment répondre aux questions. Avant de bien se défendre face aux tirs croisés, le ton approprié et un -relatif- calme olympien. Le duo de « meilleurs ennemis » se sera neutralisé à l’issue des échanges.

Belle prestation, avec assurance et maîtrise pour Juliette Chesnel-Le Roux (union de la gauche)… du -trop- peu qu’elle eut parlé. La tête de liste des socialistes, communistes et écologistes a solidement campé son programme, sans réussir à suffisamment reprendre la parole à la droite.
Déception pour Mireille Damiano (La France Insoumise, collectifs citoyens). L’avocate a adopté une posture négative et ironique pas engageante. Interpellant les autres invités, elle ne s’est pas tirée de sorties brouillonnes, avec un projet souvent perçu comme vague. À l’écoute de l’émission, personne ne saura si elle compte toucher aux impôts locaux ni où elle veut aménager sa Maison des femmes.
Dispositif efficace adopté par France 3 Paca, avec des thématiques de choix, enchaînées avec fluidité grâce à une animation de très grande qualité assurée par la journaliste Nathalie Layani. On regrettera le manque de réel débat entre les candidats, au profit de questions individuelles qui auront un brin nui à la saveur de l’ensemble. Mais on ne s’est pas ennuyés !
Les programmes : ce que l’on retient pour chaque liste
Quels travaux majeurs ces six prochaines années ?
- Éric Ciotti : un nouveau centre des congrès au Port relié au centre-ville par des navettes maritimes, un quartier d’affaires à la place du MIN, un théâtre dans la Gare du Sud et une ligne ferroviaire pour connecter Carros.
- Christian Estrosi : n’a pas spécifiquement répondu.
- Juliette Chesnel-Le Roux : un plan de rénovation des écoles (passage de 10 à 20 millions d’euros pour le budget de leur entretien) et des équipements sportifs. Un théâtre à 41 millions d’euros en lieu et place de la caserne Auvare.
- Mireille Damiano : une Maison des femmes « dont il faudra définir l’emplacement ».

Une hausse des impôts locaux ?
- Éric Ciotti : « une baisse de la taxe foncière de 19 % dès avril 2026, pour gommer la hausse décidée en 2024 ».
- Christian Estrosi : « une baisse immédiate de la TF si le Conseil départemental réattribue à Nice les subventions qui ont reculé à Nice ».
- Juliette Chesnel-Le Roux : n’a pas spécifiquement répondu.
- Mireille Damiano : « une multiplication par trois de la taxe de séjour payée par les touristes » (ce que la loi ne permet pas à ce jour).

Quelles améliorations des transports publics ?
- Éric Ciotti : « le raccordement de l’Ariane au réseau, mais l’abandon du projet de T5 vers Drap et 4 vers Cagnes si leurs futurs maires y sont opposés. Les Niçois n’ont pas à payer pour les Cagnois » (de fait si puisque les transports sont une compétence métropolitaine, pour l’ensemble des 51 communes !) « Un RER métropolitain, renforcement des Chemins de fer de Provence ».
- Christian Estrosi : « de nouvelles lignes, 4 et 5, vers Cagnes et Drap. La gratuité des transports au premier jour de la retraite. Un bus à haut niveau de service (BHNS) reliant l’ouest à l’est niçois via l’autoroute A8. »
- Juliette Chesnel-Le Roux : « l’urgence, la ligne 5 du tramway que l’Ariane attend depuis 25 ans et qui crée une inéquité entre les quartiers. La ligne 4 devra être faite puisque les travaux ont déjà commencé. Progressivement, les transports devront devenir gratuits, pour les locaux uniquement, notamment via une hausse des tickets pour les touristes ».
- Mireille Damiano : « des transports publics gratuits pour tous ».

Comment renforcer la sécurité ?
- Éric Ciotti : « une meilleure organisation de la police municipale, actuellement victime d’un mauvais climat car très mal dirigée par les politiques. Le doublement des effectifs présents dans les rues ».
- Christian Estrosi : « le passage de 6 500 caméras à 10 000, l’ouverture de postes de quartier à Saint Isidore, le Cours Saleya et Jean-Médecin. L’ouverture d’une école niçoise pour former davantage d’agents, la poursuite du dispositif des vigiles privés de la GAIDA autour des HLM ».
- Juliette Chesnel-Le Roux : « Du bleu dans les rues, des patrouilles de terrain renforcées, l’ouverture de postes fixes dans les quartiers. Le passage de 400 à 600 policiers municipaux ».
- Mireille Damiano : « une sécurité de proximité et un désarmement des policiers municipaux pas exclu pour ce qui est du matériel létal, mais cela devra être tranché par un audit et par un meilleur partage des compétences avec la police nationale ».
Certaines listes dénoncent une campagne électorale « indigne de Nice »
«La campagne est irrespectueuse des Niçois, indigne de cette ville. Elle abîme même la démocratie et je pèse mes mots » a entamé Mireille Damiano au cours d’une conversation portant sur la course vers la mairie. Rejointe par Juliette Chesnel-Le Roux : « c’est une campagne de caniveau, rejetée par les électeurs ». « Le débat est rugueux mais c’est aussi le sel de la démocratie, les habitants font part de leur envie de changement » balaie Éric Ciotti. « La ville a retrouvé toute sa dignité depuis mon élection » s’auto-félicite Christian Estrosi.
Quelles alliances ?
Juliette Chesnel-Le Roux a exclu une alliance de second tour avec LFI, dont l’antenne locale n’aurait pas clairement condamné les sorties souvent jugées antisémites de Jean-Luc Mélenchon. Mireille Damiano a estimé de son côté que ceci « n’a rien à faire ici », sans en dire davantage. Les deux candidates de gauche ont renvoyé leurs rivaux dos à dos, qualifiés de « frères » ou de « faces d’une même pièce ». Christian Estrosi a cependant jugé que la différence clé « reste que le seul représentant de l’extrême droite, c’est Éric Ciotti, comme l’a souligné le Conseil d’État ». Ce que l’intéressé dément : « je mène une campagne de rassemblement, avec le RN, l’UDR et la société civile, ce n’est pas à des fonctionnaires qu’il revient de dire l’inverse ».
Municipales 2026, qui sont les candidats déclarés à Nice ?
- Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons)
- Éric Ciotti (UDR-Rassemblement national)
- Juliette Chesnel-Le Roux (Socialistes, communistes, Verts)
- Mireille Damiano (La France Insoumise, Viva)
- Céline Forjonnel (Démocratie directe)
- Cédric Vella (Reconquête, extrême droite)









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