Nice hausse le ton face à l’explosion de l’usage du protoxyde d’azote. Après une série d’interdictions locales, la municipalité serre encore la vis et en appelle désormais à l’État pour mettre fin à ce fléau qui menace sécurité et santé publiques.
Des cartouches métalliques jetées partout, des bouteilles abandonnées sur les trottoirs, des riverains excédés par la saleté… Voici le quotidien dans plusieurs quartiers de Nice ! Malgré l’arrêté municipal de cet été interdisant consommation et détention, les agents de propreté et la police municipale retrouvent chaque jour des traces de ce gaz détourné de son usage d’origine. Le phénomène, loin de s’essouffler, s’installe et inquiète.
Offensive contre un « poison » banalisé
Face à ce constat, la Ville n’a pas tardé à durcir ses mesures. À partir du 1er octobre 2025, les commerçants ne pourront plus vendre de protoxyde d’azote aux particuliers, y compris aux adultes. Seuls les professionnels pourront justifier de son acquisition. L’été dernier, c’est la consommation et la détention sur la voie publique qui avaient déjà été proscrites.
Au-delà des déchets visibles, les risques sont considérables : atteintes neurologiques, troubles cardiovasculaires, effets psychologiques délétères. Sans parler des dégâts dans les centres de traitement des ordures où les bonbonnes explosent lors de l’incinération !
Christian Estrosi exige une riposte nationale
Le maire, Christian Estrosi (Horizons) regrette que l’État laisse les maires seuls face au problème. Selon lui, les campagnes de prévention, les contrôles de police et les opérations de nettoyage ne suffisent pas. Une loi ferme, assortie de sanctions lourdes, est indispensable pour casser la chaîne de distribution et envoyer un signal clair aux consommateurs comme aux trafiquants.
« Nous avons tout tenté à l’échelle locale », martèle encore l’édile. Qui appelle Paris à prendre ses responsabilités, au risque de laisser prospérer un marché qui s’étend à grande vitesse et fragilise surtout les plus jeunes.






