Les élus dépar­te­mentaux, gauche comprise, ont autorisé ce lundi 12 février le président Charles Ange Ginésy à déposer plainte contre une association qui soutient notamment les réfugiés. Le militant David Nakache réagit dans nos colonnes. 

Quelques lignes à la toute fin de l'ordre du jour, en cette séance plénière de rentrée. Le président des Alpes-​Maritimes a demandé à l'assemblée délibé­rante son accord pour attaquer en justice "Tout Citoyens". Le Service Presse du CD06 n'a pas souhaité nous indiquer pour quelle raison, mais RCF Radio l'explique dans cet article.

La collec­tivité repro­cherait au collectif marqué à gauche ses critiques contre sa prise en charge des migrants et évoque la diffusion de fausses infor­ma­tions, dans la presse et via un communiqué.

"Ce que nous avons souhaité dénoncer, c'est que le Département met à la rue des exilés évalués majeurs qui ont besoin de soins médicaux" explique à Nice-​Presse le président de "Tous Citoyens" David Nakache.

David Nakache
David Nakache en 2022 [© DR]

"Je vous donne deux exemples : une jeune fille enceinte, ou un garçon blessé au mollet et qui doit être opéré. En principe, même s'ils sont majeurs (donc plus de la compé­tence de la collec­tivité, qui doit s'occuper des enfants, ndlr) le conseil dépar­te­mental attend, l'espace de quelques jours, que la première soit prise en charge à l'hôpital ou dans un foyer Jeunes mamans, et que le second soit admis pour son opération". 

"Or, nous avons des cas où le Département des Alpes-​Maritimes a connais­sance de sujets médicaux lourds, ce qui ne l'empêche pas de mettre à la rue ces jeunes. On a cinq situa­tions à l'esprit, dont un exilé sous surveillance médicale après une embolie pulmo­naire, que le CD06 a cessé de prendre en charge avant la fin des dix jours indiqués par le médecin".

"Le Département évoque des 'fugues' de certains jeunes" explique encore David Nakache. "Cela concerne ceux qui n'ont pas été estimés mineurs, donc qui ne seront plus accom­pagnés par la collec­tivité, dans un hôtel ou un foyer. Dès lors, ils savent qu'à l'issue de leur rendez-​vous au CADAM, la police les attend pour les conduire en centre de rétention (CRA). C'est là qu'ils partent, par peur. Donc il y a des 'fugues', mais on sait pourquoi !"

"Le conseil dépar­te­mental dépose plainte pour faire diversion, histoire de ne pas s'expliquer sur les raisons de la mise à la rue - indirecte - de jeunes avec des béquilles, enceintes, confrontés à des problèmes de santé graves… Ces exilés ont été mis en danger, le sujet est là". Des exemples mensongers, selon l'administration dirigée par Charles Ange Ginésy. La justice tranchera.

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