Alors que le Musée Matisse de Cimiez commémore cette année le 70e anniversaire de la disparition de l’artiste, l’engouement autour de son œuvre ne cesse de croître, transcendant les frontières et les générations.
« Jamais son souvenir n’a été aussi présent » lance Aymeric Jeudy, directeur du musée et historien passionné, qui travaille sans relâche à la préservation de son héritage.
Le Matisse, niché sur les hauteurs de Cimiez, à deux pas du légendaire Regina, dernier atelier de l’artiste qu’il a occupé entre 1938 et 1954, abrite en effet depuis 1963 une immense collection.
Avec plus de 1200 œuvres, les visiteurs y trouvent des peintures, des dessins, des gouaches découpées, mais aussi des objets personnels, des photographies et des sculptures. Un véritable trésor. « Matisse, ce sont des œuvres universelles, qui parlent au monde entier et à toutes les générations, des États-Unis au Japon, en passant par les pays nordiques. »

En 1953, l’artiste fait don à la municipalité de son fonds d’atelier, comprenant des œuvres qu’il avait précieusement conservées et qu’il n’avait jamais voulu vendre. « Ce premier don a constitué l’embryon de la collection tout entière » explique l’historien.
En choisissant Nice pour y passer la seconde moitié de sa vie, Henri Matisse a trouvé un refuge : la lumière et le climat méditerranéen nourrissaient son inspiration. « Il est intimement lié à la ville, et plus particulièrement au quartier de Cimiez. C’est ici, au sein du Regina, qu’il a réalisé certaines de ses œuvres les plus emblématiques. »
Icône internationale
Un rayonnement qui a fini par dépasser nos frontières. Chaque année, le musée prête de nombreuses créations pour des expositions à travers le monde, que ce soit à Tokyo, Barcelone ou Madrid. En 2023, plus de 280 œuvres ont ainsi voyagé !

« Matisse est une icône aux États-Unis, où les collectionneurs ont commencé très tôt à acheter ses œuvres. » Des Américains qui ne manquent pas de se rendre à la villa des Arènes pour admirer ces merveilles.
« Nous accueillons chaque année entre 150.000 et 170.000 visiteurs, dont une grande partie d’étrangers en vacances sur la Côte d’Azur. »
Une popularité qui ne cesse également d’inspirer. « Toute une génération d’artistes de 20 à 30 ans veut voir son oeuvre pour s’en nourrir à la sortie des grandes écoles. » Une présence qui s’est également étendue à la culture populaire, ses œuvres apparaissant dans d’illustres séries, à l’image de… Prison Break.
« C’est une belle récompense pour nous, puisque nous travaillons quotidiennement à toujours mieux le faire connaître » savoure le jeune directeur. « Mais sa renommée parle pour lui. Avec Picasso, Matisse est l’autre géant du XXe siècle. On le constate plus que jamais aujourd’hui. »






