Jeudi matin, dans l’hémicycle métropolitain, un basculement politique sans suspense se prépare à Nice. Déjà maire de la ville et président de la commission des finances du département, Eric Ciotti doit prendre la tête de la métropole Nice Côte d’Azur. Une prise de pouvoir qui intervient dans un climat étonnamment apaisé après des années de tensions internes.
À 9 heures, les 133 conseillers métropolitains sont appelés à élire leur nouveau président. Sur le papier, l’issue ne fait guère de doute. Eric Ciotti (UDR) dispose d’un socle solide avec 49 élus sur sa liste niçoise, auxquels s’ajoutent huit conseillers issus de la liste de son allié à Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson (RN).
À cette base s’ajoute une proximité construite avec de nombreux maires des petites communes, liée à ses fonctions passées au conseil départemental, d’abord comme président entre 2008 et 2017.
Un territoire vaste et stratégique
Créée en 2012, la métropole Nice Côte d’Azur regroupe 51 communes et environ 500 000 habitants. Elle s’étend du littoral, avec la Promenade des Anglais, jusqu’aux stations de ski comme Isola 2000.
Dans ce contexte, la prise de contrôle de cette intercommunalité marque une étape supplémentaire pour Eric Ciotti, déjà en position dominante à l’échelle locale.
Contrairement à d’autres territoires où l’arrivée d’élus RN a suscité des blocages, la situation niçoise apparaît plus calme. La fin des affrontements internes après la défaite de Christian Estrosi et son retrait de la vie politique locale contribue à ce climat…
Certains anciens soutiens d’Estrosi ont d’ailleurs déjà rejoint la majorité ciottiste au conseil départemental. Et les prises de position évoluent. Sur X, Pierre-Paul Leonelli a indiqué être « prêt à travailler de manière constructive », espérant que la métropole ne devienne pas « un champ de bataille politicien » mais « un véritable espace de collaboration ».
Des attentes sur le fonctionnement démocratique
Ce climat tranche avec les critiques formulées ces dernières années sur la gouvernance précédente. « La métropole d’Estrosi ne fonctionnait qu’autour d’Estrosi et que pour la ville de Nice. C’était une direction très centralisée autour des Niçois », résume Bryan Masson.
Le nouveau camp majoritaire évoque des ajustements possibles du règlement intérieur afin de laisser davantage de place à l’opposition.
Une évolution observée avec prudence par les élus minoritaires. « On est très curieux de voir comment ça va se passer », explique Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-écologistes, rappelant que lors du conseil municipal niçois, la parole avait été accordée à l’opposition.
Des inquiétudes persistent néanmoins concernant la place du RN, notamment autour de Bryan Masson, dont les pratiques sont scrutées par certains élus.
Premiers arbitrages et priorités
Sur le fond, plusieurs orientations émergent déjà. Bryan Masson a notamment promis de faire abandonner un projet de ligne de tramway entre Nice et Cagnes-sur-Mer, lui préférant des lignes de bus à haut niveau de service, jugées moins coûteuses et plus rapides à déployer.
Du côté de la gouvernance, Eric Ciotti avait évoqué pendant la campagne deux postes de vice-présidents : Pierre Ippolito, proche du maire de Cannes David Lisnard, et Jean-Marc Governatori, chargé de l’autonomie alimentaire territoriale.
Au-delà des nominations, la nouvelle majorité met en avant une ligne budgétaire stricte. Bertrand Casiglia, maire de Tourette-Levens, parle d’« une gestion des finances publiques plus rationnelle et plus responsable ».
Dans le viseur, certaines dépenses passées, notamment le centre de congrès en structures préfabriquées installé sur le port de Nice pour le sommet de l’ONU sur l’océan, dont le coût de 20 millions d’euros avait été transféré du budget municipal à celui de la métropole.
Ce qui est important
- Eric Ciotti doit prendre la présidence d’une métropole de 51 communes et 500 000 habitants
- Un changement de gouvernance attendu après la fin des tensions liées à Christian Estrosi
- Des premières orientations annoncées sur les transports et la gestion des finances
Nice-Presse avec agence



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