Dans un entretien publié dans Nice-Presse Dimanche, Pierre-Paul Léonelli, figure locale des Républicains, revient sur la reconstruction d’un parti « lâché » selon lui par Eric Ciotti. Il défend une droite attachée à ses valeurs républicaines, loin des alliances jugées dangereuses « avec l’extrême droite ».

SYNTHÈSE – Ça bouge sur la Côte d’Azur ! Entre recomposition politique et querelles internes, le paysage niçois n’a rien d’un long fleuve tranquille. Au cœur de ces remous, Pierre-Paul Léonelli assume un discours tranché. La droite traditionnelle doit se redresser sans renier ses fondamentaux. Et c’est à Nice, dit-il, que le sursaut est déjà en marche.

Rebâtir une droite indépendante et crédible

Pour l’adjoint niçois, proche de Christian Estrosi, Les Républicains ont connu un abandon brutal, celui d’un président parti « embrasser l’extrême droite ». « PPL » assure avoir retroussé ses manches avec d’autres élus de terrain pour relancer la machine. Dans la cité azuréenne, la permanence LR a rouvert, rassemblant plus de 2000 cartes (7000 dans le département). Un signe fort pour une formation que beaucoup disaient moribonde.

Entouré de Dominique Estrosi-Sassone, Franck Martin et Xavier Latour, il revendique une « vraie dynamique » et n’hésite pas à comparer : « Eric Ciotti (UDR) n’a pas réussi à rassembler 6000 personnes à la rentrée », glisse-t-il, en référence à la démonstration de force des « estrosistes ».

Tensions politiques

À la Métropole, les débats récents ont parfois viré à la querelle, mais Pierre-Paul Léonelli veut tourner la page. Pour lui, « les choses ont été dites » et les tensions dissipées. Son mot d’ordre, ne pas mêler la politique partisane à la gestion métropolitaine. « Certains ont tenté de le faire, ce n’est pas notre souhait », tranche-t-il.

Quant à la charte interdisant « toute alliance avec l’extrême droite », il botte prudemment en touche. « La politique fiction, ce n’est pas ma tasse de thé », répond-il, même si plusieurs cités pourraient faire le choix du RN en mars prochain, et bousculer les équilibres de l’agglo.

Clivages persistants dans les Alpes-Maritimes

Si Nice et Menton avancent d’un même pas, l’Ouest du département reste, selon lui, embourbé dans les ambiguïtés. Les positions divergentes entre élus LR, souvent dépendants des subventions départementales (distribuées par Eric Ciotti) alimentent les crispations. « C’est un chantage odieux », s’indigne Pierre-Paul Léonelli, accusant certains de sacrifier la clarté politique à des considérations plus financières.

Tout en estimant que le président des Alpes-Maritimes Charles-Ange Ginésy (LR) devrait « avoir le courage de trancher ». À ses yeux, la fameuse « union des droites » n’est qu’un mirage : « L’extrême droite est en réalité un parti de gauche, surtout sur le plan économique ».

Interrogé sur les prochaines municipales, Pierre-Paul Léonelli dit espérer que Christian Estrosi obtiendra l’investiture LR, même s’il ne l’aurait pas encore demandée. Il cite en exemple Michel Barnier, victorieux à Paris (lors d’une législative partielle) grâce à une alliance « de bon sens » entre familles du centre-droit, Horizons, LR… Dans son esprit, la droite niçoise doit suivre ce modèle, sans se compromettre « avec les extrêmes ».

Quant à son avenir personnel, il reste mesuré. Candidat potentiel au Sénat, fin 2026, il confie observer la situation « avec prudence », jugeant le contexte politique confus. Une manière de rester dans la course, sans se précipiter.

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Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l'économie locale et de l'immobilier, il suit de près l'évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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