Parmi la liste des sites sélectionnés par le Loto du patrimoine pour être sauvegardés, on retrouve un représentant de la Région Sud. Il s’agit des vestiges gallo-romains à Fontvieille.
En 2024, le Loto du patrimoine fête sa 7e édition. Portée par l’animateur Stéphane Bern, la fondation a pour mission de sauvegarder les monuments historiques français aujourd’hui en péril à travers des dotations.
La liste des biens choisis cette année a été dévoilée mercredi 20 mars. Elle comprend 18 sites répartis dans différentes régions de l’Hexagone, avec notamment la piscine Alexandre Braud à Vallons-de-l’Erdre (Loire-Atlantique), la tribune d’honneur du Parc des Sports de Marville à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), mais aussi l’usine de la Grande Vapeur à Oyonnax (Ain).
Un ouvrage gallo-romain bâti entre le 1 et le IVe siècle dans les Bouches-du-Rhône

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, un endroit a retenu l’attention de l’institution : les aqueducs et la meunerie de Barbegal à Fontvieille, commune des Bouches-du-Rhône. Des ouvrages gallo-romains dont la construction remonte à la période entre le 1er et le IVe siècle après Jésus-Christ.
À son sujet, le diagnostic établi en 2021 évoque « un état de conservation général des vestiges inquiétant ». Principaux points surveillés, le mortier des maçonneries, qui a subi une érosion progressive, les parements des tympans (les surfaces verticales triangulaires des frontons), ainsi que les murs des culées, dont les parties inférieures ont rompu. Des travaux sont donc « indispensables » afin de consolider l’édifice.
Deux aqueducs et une meunerie

Rappelons que le lieu, localisé au sud du Vallon des Arcs, conserve les ruines d’une meunerie hydraulique et deux ponts-aqueducs d’un total de 325 mètres de long, encore en partie visibles aujourd’hui. Ces derniers servaient à approvisionner en eau les bâtiments et les habitants de la ville d’Arles, captant diverses sources au nord et au sud des Alpilles. Ensuite, ces sources se rejoignaient sur l’emplacement actuel du site, se déversant dans un bassin de convergence.
D’une capacité productive de 25 tonnes de farine par jour, l’usine est l’un des plus grands exemples de manufacture à rendement industriel de l’époque romaine. Elle distribuait probablement sa production aux boulangeries d’Arles. Il faut en effet s’imaginer lors des années les plus prospères 16 moulins en action, ainsi que 32 meules en basalte broyant des grains de céréale. Et tout cela fonctionnant uniquement grâce au courant !
L’une des autres hypothèses au sujet de cet ancien complexe concerne le fait que sa production, bien supérieure au besoin de la cité à proximité, était également destinée à une demande spécifique : des biscuits pour fournir en vivre les équipages des navires amarrés dans les ports d’Arles et de Fos.
Le chantier doit commencer en juin 2025

Lorsque le chantier, qui doit débuter en juin 2025, sera terminé, le parcours de la visite sera entièrement repensé du Nord au Sud. Les sentiers seront bien délimités, avec une nouvelle signalétique pour sensibiliser les visiteurs à l’histoire des monuments. Pour la meunerie, son accès sera facilité par l’aménagement de marches en bois. La fin des travaux est prévue pour 2028.
Rappelons que depuis sa première édition, la Mission du patrimoine a aidé plus de 860 sites régionaux et départementaux, dont 65% sont à présent sauvés ou sur le point de l’être. Depuis son lancement, 155 millions d’euros ont été récoltés. Les dons seront annoncés lors des prochaines Journées européennes du patrimoine, en septembre.
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