Une proposition de loi transpartisane a été soumise mercredi au Sénat afin d’assurer la pérennité des « haltes soins addictions », des lieux permettant une consommation de drogue encadrée, alors que les deux structures existantes à Paris et Strasbourg risquent de cesser leur activité fin 2025.
« Toutes les évaluations sont positives en matière sanitaire comme de sécurité. Il n’y a aucune raison de les fermer », a déclaré à l’AFP la sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, auteure de cette initiative parlementaire.
Lancées en 2016 à titre expérimental, ces haltes soins addictions (HSA), souvent désignées sous le nom de « salles de shoot », visent à accompagner les usagers de drogues les plus marginalisés et éloignés du système de santé.
Aujourd’hui limitées à deux établissements en France, l’un à Paris et l’autre à Strasbourg, ces structures verront leur période d’expérimentation arriver à son terme d’ici la fin de l’année, sans garantie de prolongation. « Il y a urgence », a averti Mme Souyris.
Une loi pour inscrire les haltes soins addictions dans le droit commun
Ce texte, cosigné par des parlementaires de gauche, mais aussi par certains élus centristes et Les Républicains, vise à intégrer cette expérimentation au cadre législatif ordinaire. Selon le document consulté par l’AFP, il s’appuie notamment sur des travaux de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiés en 2021, ainsi que sur les rapports des inspections générales des affaires sociales et de l’administration, qui préconisent la pérennisation de ces dispositifs.
Les auteurs de ces études soulignent que « les salles améliorent la tranquillité publique en diminuant les consommations de rue » et « n’engendrent pas de délinquance ». Le rapport daté d’octobre 2024 note notamment la forte baisse du nombre de seringues retrouvées dans les rues de Paris, passé en huit ans de 150 à moins de 10 par jour.
« Si on ne fait rien, on met dehors 900 personnes à Paris, qui se mettront à consommer dans la rue du jour au lendemain », a prévenu la sénatrice écologiste.
Malgré tout, le calendrier parlementaire, chargé par les discussions budgétaires, rend improbable un examen de cette proposition avant 2026. La question pourrait néanmoins être abordée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, où Anne Souyris compte déposer plusieurs amendements.
Le gouvernement, de son côté, a introduit un amendement dans le budget de la Sécu actuellement en débat à l’Assemblée. Il ne prévoit pas de rendre les HSA permanentes, mais propose de prolonger leur phase expérimentale jusqu’en 2027.
- Ce qu’il faut retenir : Une proposition de loi vise à rendre durables les haltes soins addictions menacées de fermeture. Les études disponibles confirment leur efficacité sanitaire et sociale. Le gouvernement préfère prolonger leur expérimentation plutôt que de les inscrire dans le droit commun.
Avec AFP






