Vivian Maier, gouvernante d’enfants à Chicago, développait un immense talent de photographe. Sauf que son œuvre n’a été révélée que bien après sa mort ! Une histoire extraordinaire, à découvrir au Musée de la photo.
Le parcours de Vivian Maier fait partie de ceux que l’on a envie de connaître dans les moindres détails, tant ils sont fascinants…
À Nice, le Musée de la photographie met en lumière son œuvre à travers une exposition disponible jusqu’au 16 mars prochain. Vous pourrez y découvrir une sélection de 140 images et vidéos. Une visite qui vaut le détour !

« Vivian Maier était gouvernante » rembobine Anne Morin, commissaire de l’exposition. Sa mère était française et son père avait ses racines en Autriche-Hongrie. « Ils ont tous les deux migré au début du XXème siècle et se sont installés sur cette terre de l’Eldorado, en pensant qu’un jour, ils feraient peut-être partie du Rêve américain. Même s’ils n’ont cessé d’être de l’autre côté ». Les premières années de Vivian Maier furent « assez décousues, peu heureuses et conflictuelles…»

Ses parents se séparent rapidement. Elle reste alors avec sa mère qui s’installe chez une amie, Jeanne Bertrand, photographe professionnelle. « C’est probablement un épisode déterminant » affirme Anne Morin.
Au cours de plusieurs allers-retours entre la France et les États-Unis, « elle commence la photographie à la fin des années 1940 ». Quelques temps après, cette artiste méconnue devient nourice d’enfants. « Cela lui permet de passer du temps dehors et donc de prendre des clichés ».
Dans son travail, on retrouve souvent les mêmes thématiques. Des gens, des objets, des paysages : « la rue était son lieu de prédilection. Elle avait cette capacité à rendre des choses ordinaires extraordinaires ». Sa spécificité ? « Son langage, à la croisée de la photographie humaniste, c’est-à-dire la contemplation, et de la street photography ».

Les visiteurs peuvent notamment découvrir certains de ses nombreux portraits. « Pendant quarante-cinq ans, elle en a fait 500 chaque année. C’est énorme et ça veut dire qu’il fallait avoir une capacité inventive pour formuler la présence de soi ». Des portraits « des personnes qui ont retenu son attention », « des scènes de rue », mais aussi des clichés sur l’enfance, « un thème constant ».

C’est uniquement en 2007 que son travail est découvert par John Maloof, un jeune agent immobilier passionné par l’histoire de Chicago. Celui-ci achète des biens, comprenant des photographies, films et négatifs, d’une personne inconnue. Deux ans plus tard, il les numérise et décide d’organiser une première exposition, « Finding Vivian Maier », au Chicago Cultural Center, en 2011. Le monde entier prend enfin connaissance de cet immense talent…

En savoir +
- 1, place Pierre-Gautier
- Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h
- Tarif : 5 euros
- Gratuit pour les Niçois et les habitants des communes de la Métropole Nice Côte d’Azur (voici comment en profiter)






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