Municipales 2026 - À Marseille, sur 57 kilomètres de côtes, les principaux candidats promettent des plages plus accessibles, des aménagements, des projets portuaires ou des protections écologiques, avec des visions très différentes. Un point, au moins, les rassemble : l’agrandissement de la plage de Corbière, dans les quartiers nord.
Du nord au sud de Marseille, le littoral s’impose comme un sujet de premier plan dans la bataille municipale. Les candidats y projettent chacun leur ville : plus touristique, plus sécurisée, plus écologique ou davantage tournée vers les usages quotidiens des habitants.
La configuration de la côte marseillaise nourrit ce débat. Au nord, la zone est industrielle et portuaire. Autour du Vieux-Port, elle est urbaine et touristique. Plus au sud, la façade devient balnéaire. À l’est, le Parc national des Calanques et ses criques sauvages occupent une place à part.
Martine Vassal, candidate de la droite et du centre, assume une orientation balnéaire plus marquée. Elle pose la question ainsi : « Et si la deuxième ville de France se transformait en « station balnéaire, s’inspirant du modèle italien et de ses plages privées en faisant payer les transats ?» »
La présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence défend cette approche au nom de l’histoire économique de la ville. « La richesse de Marseille est toujours venue de la mer et pendant trop d’années, on lui a tourné le dos au lieu d’en tirer profit », estime-t-elle.
Dans cette logique, elle ne propose pas de réduire les activités portuaires. Elle veut conserver les retombées des croisières et du fret, tout en défendant « un abord balnéaire entre l’Estaque (Nord) et les Goudes (Sud) pour se balader en contournant le port, comme au Havre ».
La plage comme ligne de fracture
Chez Franck Allisio, candidat lepéniste, la plage devient d’abord un sujet de sécurité et de propreté. Le député RN des Bouches-du-Rhône dit vouloir « rendre leur plage aux Marseillais. Aujourd’hui les familles et les seniors vont à Cassis, à La Ciotat ou dans le Var parce que la sécurité et la propreté ne sont plus assurées ».
Il cite « les barbecues sauvages, le harcèlement, la consommation de drogue » et annonce, à terme, vouloir « tripler le nombre de policiers municipaux ». En attendant, il propose des « créneaux horaires pour l’accès aux plages, comme pour les wagons sans enfant de la SNCF ».
Cette proposition a été critiquée. Le candidat accepte le surnom de « pass anti-racailles ». Il porte aussi un projet de marina dans le quartier d’affaires Euroméditerranée, aux abords du port, avec hôtels, restaurants et centre de congrès, à proximité du Mucem et du siège de CMA CGM.
À gauche, la réponse est nette sur la question des concessions privées. Le camp LFI martèle : « Hors de question d’accorder davantage de concessions privées ». Il déplore que plusieurs clubs privés, dont le Cercle des nageurs, « privatisent déjà le littoral marseillais ».
Le député LFI Sébastien Delogu se dit « radicalement opposé aux visions développées par les deux listes de droite : ségrégation sociale, voire selon l’origine, plus ou moins sous-entendue par le RN ».
Le nord de Marseille au centre des promesses ?
Le mouvement écolo-citoyen Vaï, allié de LFI, met aussi le port au cœur de ses propositions, mais avec un autre angle. Pour ce mouvement, les activités du deuxième port de France doivent « correspondre aux besoins des Marseillais », en citant les liaisons par ferry vers la Corse et le Maghreb, et en plaidant pour la réouverture du terminal légumier.
Un porte-parole résume cette position en une phrase : « Au lieu de décharger les valises des croisiéristes, les dockers pourraient décharger les produits consommés à Marseille ».
Le maire sortant Benoît Payan, candidat à sa succession, met en avant la poursuite de son « plan littoral Nord et Sud ». Dans son équipe, Hervé Menchon, adjoint en charge des espaces littoraux, insiste sur la place donnée à la mer dans les politiques menées : « On a développé la culture de la mer, on a insufflé à la jeunesse marseillaise un esprit d’aventure ».
Il rappelle qu’avant l’entrée au collège, tous les élèves marseillais ont désormais accès à une activité nautique. Le Printemps Marseillais, coalition de gauche et des Écologistes conduite par Benoît Payan, met aussi en avant la biodiversité marine, avec l’augmentation des espaces protégés et la poursuite du « plan posidonie », cette herbe marine présentée comme un appui contre l’érosion et pour l’élargissement des plages.
Dans ce contexte, un collectif d’associations a adressé aux candidats un questionnaire, « Quels projets pour la rade de Marseille ? », pour les faire se positionner sur les points de baignade, les équipements sportifs et les navettes maritimes.
Au-delà des oppositions, un constat est partagé entre les quatre principaux candidats : l’inégalité d’accès à la mer dans les quartiers nord, longtemps laissés à l’écart malgré leur forte densité de population. Tous s’engagent à agrandir la plage de Corbière, unique espace balnéaire du secteur.
Nice-Presse avec agence
Ce qui est important
- Le littoral est devenu un thème central des municipales à Marseille, avec des propositions sur les plages, le port, les transports maritimes et la biodiversité.
- Les clivages sont nets entre développement balnéaire, sécurité sur les plages et refus de nouvelles concessions privées.
- L’accès à la mer dans les quartiers nord s’impose comme un sujet commun, avec un engagement partagé sur la plage de Corbière.










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