Les Jeux Olympiques d’hiver de 2030 se dérouleront finalement sans Nice, privant la Promenade des Anglais de sa cérémonie de clôture et expédiant les épreuves de glace vers Lyon. Face aux lourdes conséquences économiques pointées par la région Sud, la nouvelle municipalité promet de réinjecter cent cinquante millions d’euros dans la rénovation des infrastructures sportives locales.
La glace olympique a définitivement fondu sous le soleil azuréen. Le grand barnum hivernal de la fin de décennie a plié bagage en direction du Rhône. La capitale maralpine devait pourtant abriter le patinage artistique, les tournois de hockey et le principal centre des médias. L’accent avait même été mis ces dernières années sur les vastes pôles urbains plutôt que sur les stations de montagne, comme l’ont démontré les éditions de Salt Lake City en 2002 ou de Pékin en 2022.
L’horizon s’est assombri après le refus d’Eric Ciotti d’organiser les matchs à l’enceinte de l’Allianz Riviera. Cette décision a provoqué le transfert de l’intégralité du bloc de compétition vers Lyon. Renaud Muselier a vivement fustigé cette issue. Le président de la région Sud affirme que « Nice devait être le coeur battant des Jeux ». L’élu a qualifié la situation de « grosse ‘ciottise’ » lors de sa prise de parole jeudi.
Les estimations régionales font état d’un manque à gagner très lourd pour le territoire. Plus de trois cent cinquante mille visiteurs cumulés échappent à l’économie locale. Trois cents millions d’euros d’investissements extérieurs s’évaporent avec ce départ. Les marchés concernant l’événementiel, la sécurité et la restauration s’envolent, tout comme l’accélération attendue pour la construction de la future gare multimodale de l’aéroport ou encore une exposition médiatique incomparable.
Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes françaises : les organisateurs des JO 2030 dévoilent leurs « montagnes de lumière«
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Patinoire, Palais des Sports ?
Le nouveau maire dédramatise l’affaire sur son propre territoire, préférant attaquer aux niveaux national et régional. Eric Ciotti pointe du doigt « une malveillance au sommet de l’Etat » ainsi que « des arrières-pensées politiciennes » dans l’éviction de sa commune. Ces accusations feront l’objet d’une commission d’enquête prévue à l’Assemblée nationale cet automne.
Balayant les chiffres de la Région, le premier magistrat raille des calculs qu’il assimile à « de la comédia dell’arte ». Il met en avant les désagréments évités aux résidents et l’économie d’infrastructures titanesques. Les budgets initiaux prévus par la ville, la métropole et le département s’élevaient à cent cinquante millions d’euros. Cette vaste enveloppe financera la modernisation des équipements de quartier.
Les élus municipaux de gauche, hostiles au projet olympique, valident cette orientation. Le monde sportif s’adapte aussi à la donne. Le club de Ligue Magnus des Aigles de Nice évolue actuellement dans une patinoire vieillissante d’à peine mille cent places. Son manager général adjoint, Nicolas Tomasini, reste confiant. « A aucun moment, ils ne nous ont laissé tomber », assure le dirigeant. La mairie étudie désormais l’installation d’une patinoire et d’un palais des sports au sein de l’actuel palais des expositions.
Adam Siao Him Fa fait preuve de plus de prudence face à la situation. Le patineur artistique, qui s’entraîne sur place, redoute d’avoir plus de mal à trouver des sponsors sans la locomotive internationale. Le sportif maintient toutefois son objectif : « pour le moment, le projet reste de pouvoir avoir une vraie cellule de performance à Nice ».
Les professionnels du tourisme relativisent
La perte de l’événement est très peu évoquée dans les médias locaux, et encore moins dans les discussions en ville. Le monde de l’entreprise s’est pourtant fendu d’un communiqué commun signé par la Chambre de commerce et d’industrie, l’association patronale UPE06, la métallurgie, le bâtiment et l’hôtellerie.
Ces syndicats constatent des conséquences « significatives » sur l’activité. Ils pointent cependant un manque d’anticipation et de conciliation des organisateurs et du CIO, plutôt que les choix du nouvel édile.
Les professionnels du secteur touristique tempèrent largement l’impact de ce retrait. La destination attire déjà en masse des visiteurs du monde entier. Elu sur la liste de M. Estrosi et président de la section locale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, Eric Abihssira qualifie les Jeux de simple « épiphénomène ».
Un grand parc des congrès en préparation
L’hôtelier appelle formellement l’ensemble des décideurs à se concentrer sur l’avenir. « Tournons la page de cet échec collectif et projetons-nous sur quelque chose de beaucoup plus primordial », clame le conseiller municipal.
Les forces vives économiques de la région se réjouissent de voir M. Ciotti se ranger tout récemment derrière un vaste projet d’infrastructures. Ce complexe, regroupant un parc des expositions et des congrès, doit voir le jour près de l’aéroport.
Nice-Presse avec dépêche






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