La Corse tente un nouveau front face au fléau mafieux : une coordination inédite vient d’éclore, mêlant syndicats, associations et collectifs citoyens. Objectif affiché, élargir la riposte à toute la société corse, au-delà des cercles militants déjà engagés.
Un souffle nouveau ? Dans l’île, deux collectifs bien connus — « Maffia no, a vita iè » et « Massimu Susini » — ne veulent plus se battre seuls.
Ils entraînent avec eux agriculteurs, associations environnementales et mouvements citoyens pour lancer une véritable coalition antimafia. Désormais, le combat ne devrait plus se cantonner à quelques militants, mais devenir l’affaire de tous.
Cette initiative fait suite à plusieurs années de mobilisation contre un mal enraciné, longtemps nié. Selon les fondateurs, la société insulaire a fini par ouvrir les yeux : les élus, l’État, et même une partie de l’opinion publique reconnaissent enfin la réalité du danger. Preuve que les lignes bougent, même dans une île où la peur de parler reste omniprésente.
Nouveau parquet anticriminalité organisée
Les organisateurs revendiquent déjà des avancées concrètes. Ils citent l’émergence d’une parole libérée, des délibérations votées à l’unanimité par l’assemblée de Corse, ou encore l’installation d’un parquet anticriminalité organisée à Bastia.
Dans la rue aussi, les choses évolueraient. En mars dernier, Ajaccio a accueilli la première manifestation antimafia de grande ampleur, rassemblant entre 1.500 et 3.000 personnes selon les sources. Un chiffre symbolique, mais surtout un électrochoc, la peur n’a plus le monopole. L’organisation du premier colloque antimafia de Cargèse témoignerait de ce réveil collectif.
Pression mafieuse
Mais attention à l’illusion d’un apaisement. Les fondateurs de cette coordination le rappellent, les clans mafieux ne desserrent pas l’étau, ils s’infiltrent dans tous les secteurs. Extorsions, menaces, corruption, trafic de drogue, atteintes à l’environnement… le quotidien de nombreux Corses reste marqué par l’omniprésence de ces pratiques criminelles.
Une conférence de presse se tiendra le 4 octobre à Bastia pour détailler cette démarche, et une manifestation d’ampleur est déjà prévue le 15 novembre à Ajaccio.



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