En 2023, 3,1 millions de ménages, soit 10,1% de la population, se trouvaient en situation de précarité énergétique, selon les derniers chiffres de l’Observatoire national de la précarité énergétique publiés lundi, à la veille d’une journée de mobilisation consacrée à ce sujet.
Relèvent de la précarité énergétique les ménages faisant partie des 30% les plus modestes et ayant consacré plus de 8% de leurs revenus aux dépenses d’énergie liées à leur logement, un critère qui concernait 3,2 millions de foyers en 2022.
La part de personnes déclarant souffrir du froid a augmenté, passant de 30% en 2024 à 35% en 2025, d’après une enquête menée par le médiateur national de l’énergie auprès d’un échantillon de 2.000 personnes.
Dans le même temps, la proportion de Français affirmant avoir eu des difficultés à régler certaines factures de gaz ou d’électricité au cours des douze derniers mois a progressé de 28% en 2024 à 36% en 2025, un niveau inédit, selon le baromètre annuel du médiateur publié fin octobre.
C’est une « hausse très rapide sur un an seulement », s’inquiète Maider Olivier, coordinatrice de la Journée contre la précarité énergétique, qui réunit une vingtaine d’organismes mobilisés sur la rénovation énergétique, la lutte contre l’exclusion sociale et le réchauffement climatique.
Précarité énergétique : factures en hausse, aides contestées et millions de ménages fragilisés
Bien que ce phénomène touche un Français sur dix, les organisateurs de cette journée estiment que « la lutte contre la précarité énergétique ne paraît pas figurer dans les priorités du nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu ».
Pire, après « des années » à réclamer « des aides de l’Etat mieux calibrées pour les ménages modestes et les travaux avec des gains énergétiques » afin de rénover les logements, Manuel Domergue, de la Fondation pour le logement des défavorisés, déplore l’affaiblissement du dispositif MaPrimeRénov’.
Les subventions MaPrimeRénov’ consacrées aux rénovations globales de logements ont été suspendues durant l’été en raison d’un trop grand nombre de demandes et de tentatives de fraude, avant une réouverture du guichet fin septembre.
À cette reprise, « le niveau des aides a été divisé par deux. Un ménage très modeste touchera désormais 32.000 euros maximum » pour « des travaux qui peuvent coûter 70.000 voire 90.000 euros », souligne le directeur des études de la Fondation pour le logement, qui alerte sur le reste à charge pour les foyers les plus fragiles.
Au 1er janvier 2025, 12,7% des résidences principales, soit 3,9 millions de logements, étaient considérées comme des passoires énergétiques, selon des données du gouvernement.
Au-delà de l’habitat, 15 millions de personnes se trouvaient en 2023 en situation de précarité en matière de mobilité et ne peuvent pas se déplacer autant qu’elles le souhaiteraient ou doivent renoncer à certains déplacements, d’après l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) et l’association Wemoov.
- Ce qu’il faut retenir : En 2023, 3,1 millions de ménages sont en précarité énergétique, avec des difficultés croissantes pour se chauffer et payer leurs factures. Les acteurs de terrain dénoncent un renforcement trop limité et même un affaiblissement des aides à la rénovation, malgré la hausse rapide des situations de détresse. La France compte encore de nombreuses passoires énergétiques et 15 millions de personnes en précarité de mobilité.
Avec AFP






