Dans Nice-Presse Dimanche, le président de l’union patronale maralpine mettait vertement en cause les politiques fiscales menées par le conseil régional mais aussi par la Métropole niçoise. Pierre-Paul Léonelli, chef des élus de la majorité au sein des deux collectivités, a souhaité répondre aux critiques.
Nice-Presse : Dans les Alpes-Maritimes, l’union patronale estime que le « versement mobilité » imposée par la Région Sud à une part des entreprises relève de la « folie fiscale ». Que répondez-vous ?
Pierre-Paul Léonelli : On est la seule région a avoir appliqué ce versement mobilité, certes, mais il n’en demeure pas moins que cela aura permis d’aider les salariés, le montant de l’abonnement aux TER ayant été réduit dès cet été.
Je peux comprendre qu’une part des chefs d’entreprises s’en soient agacés. Mais pas tous. Dans le bassin marseillais, cela s’est bien passé. Dans les Alpes-Maritimes, je pense que l’on aurait pu davantage se parler. Un vrai sujet s’est posé, ce n’est plus le cas, puisque les choses vont être rétablies (la taxe passera, au 1er janvier, de 0,15% à 0,08%, ndlr).
Même réduite, cette taxe reste abusive selon une part des patrons…
On a fait énormément d’efforts pour les transports dans notre région. Nous avons porté l’ouverture à la concurrence, et décidé de beaucoup d’investissements. La desserte entre Saint-Raphaël et Menton s’est améliorée.
06 : ce qui inquiète les patrons
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) November 2, 2025
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Sur les déchets, « nous payons sans contrepartie », regrette l’UPE 06. Vous n’en feriez pas assez.
La Métropole a la compétence des déchets qui sont laissés par les particuliers. Nous n’avons pas à gérer ceux des industriels. Ce n’est pas notre mission.
On a organisé des réunions, avec les entreprises et la CCI, pour voir comment les accompagner, avec les éco-organismes et notre réseau de déchetteries, bien sûr. Franck Cannata de l’UPE 06 explique que la valorisation de certains déchets industriels pourrait être largement améliorée. Je suis parfois d’accord avec lui ! On peut innover. Mais c’est au secteur privé de s’en saisir. Si des sociétés souhaitaient lancer des initiatives, la Métropole se ferait certainement une joie d’essayer de les aider.
Parallèlement à cela, la « taxe déchets », la TEOM, est aussi critiquée, puisqu’elle a été augmentée au cours du mandat. C’est notamment l’un des arguments contre vous du candidat à l’élection municipale Eric Ciotti.
Les choses sont aujourd’hui bien plus justes qu’elles ne l’étaient auparavant. Déjà, cette taxe payée par les propriétaires (qui la font souvent répercuter à leurs locataires, NDLR) est bien passée de 8,46% à 10,46%. Mais, à service équivalent, c’est la moins chère de toutes les Alpes-Maritimes !
Je souligne une chose : le montant perçu au titre de cette TEOM n’est pas versé dans le budget général de la Métropole. On ne peut pas le mobiliser pour nos autres dépenses que celles liées aux déchets. Alors quand j’entends les écologistes dire qu’on l’aurait augmentée pour financer tel ou tel chantier, je me dis qu’ils n’ont rien compris au fonctionnement de la collectivité.
Longtemps, les particuliers payaient leur taxe, mais les institutions et les entreprises qui produisent énormément plus de déchets ne voyaient pas appliqué le principe du « pollueur-payeur ». C’est désormais le cas avec la redevance spéciale.
Qui, elle aussi, a fait rougner. Éric Ciotti réclame à la Métropole de ne plus l’appliquer. C’est possible ?
Oui, on peut raconter ça… Si on veut prendre les gens pour des imbéciles. Non, la redevance spéciale, qui n’est pas du tout un impôt, on ne la supprimera pas.
Pendant longtemps, les mairies, les hôpitaux, les établissements, etc, ne payaient pas à hauteur de ce qu’ils faisaient assumer au service de la collecte. Ce n’était pas logique. Désormais, vous versez une redevance en fonction de ce que vous produisez et de ce que l’on doit « ramasser » puis traiter. Ainsi, pas mal d’acteurs ont réfléchi, parfois grâce à nous, à des organisations pour générer moins de déchets. C’est un système vertueux.
Je note que les entreprises ont parfois mis en cause le coût que cela implique, mais elles ont une autre solution : faire assurer leur collecte par des prestataires privés. L’ardoise ne serait pas la même ! Alors, évidemment, elles ne l’ont pas fait…
Ici, on applique la loi. Les parlementaires qui formulent des propositions absurdes devraient le savoir, et proposer, quand elles s’imposent, des réformes nationales. Le fait est que la Métropole déploie la redevance spéciale conformément à ce que la Chambre régionale des comptes a demandé.
Je lis dans la presse qu’Éric Ciotti tombe dans la dérive du « on rase gratis ». Il vous raconte qu’il va supprimer la redevance payée par les restaurateurs et les commerces, faire reculer la taxe foncière de 20% pour faire plaisir aux propriétaires, passer à deux heures de stationnement gratuit… C’est la différence entre nous, qui gérons, et lui, qui mène une campagne populiste.






