A quatre mois du premier tour des municipales prévu le 15 mars, les formations politiques peaufinent leurs stratégies locales, souvent en miroir de leurs dynamiques nationales.
A gauche, les divergences persistent et LFI fait bande à part. Très fragmentée à l’Assemblée, la gauche se présente en ordre dispersé lors du scrutin municipal.
Les Insoumis choisissent de déposer des listes autonomes dans la plupart des communes, même ancrées à gauche, malgré le risque de provoquer un basculement vers la droite. Le mouvement n’anticipe pas de vastes conquêtes – comme à Roubaix ou La Courneuve – mais cherche à renforcer sa présence dans les conseils municipaux en vue des prochaines élections sénatoriales.
Socialistes, Ecologistes et communistes devraient néanmoins parvenir à unir leurs forces dans une majorité de villes qu’ils dirigent déjà, même si une alliance dès le premier tour reste floue à Paris, dirigée par les socialistes depuis 2001, où l’écologiste David Belliard ambitionne de contester la place d’Emmanuel Grégoire (PS).
Les Ecologistes, après leur poussée de 2020, rencontrent cependant des difficultés dans plusieurs bastions comme Lyon, Strasbourg ou Poitiers, dans un contexte où l’écologie occupe une place plus réduite dans le débat public.
Le PS, solidement implanté sur le terrain, souhaite conserver ses mairies, mais s’inquiète pour Marseille et fait face à une concurrence écologiste dans deux de ses bastions, Lille et Montpellier. La gauche vise également quelques conquêtes sur la droite, notamment à Toulouse, Saint-Etienne, Limoges, Amiens ou Caen.
Municipales 2024 : les stratégies locales se recomposent entre alliances, rivalités et enjeux nationaux
Du côté de LR, l’espoir d’une « vague bleue » s’estompe. Bruno Retailleau, qui rêvait encore de « faire se lever une vague bleue » à son arrivée à la tête des Républicains, voit aujourd’hui son parti incapable de rebondir seul.
A Paris, il soutient Rachida Dati, malgré sa suspension du parti pour son maintien au gouvernement. A Toulouse, il appuie le maire sortant Jean-Luc Moudenc, parti de LR trois ans plus tôt. A Lyon, il désigne Jean-Michel Aulas, et à Marseille, la candidate Martine Vassal s’allie avec le centre.
Même dans ses bastions, la droite arrive affaiblie, touchée par les divisions et plusieurs affaires, comme à Nîmes, Toulon ou Saint-Etienne. Le RN, en embuscade, tente d’y grignoter de l’influence, particulièrement dans le Sud-Est, tandis qu’Horizons reste ouvert aux ralliements.
Ce contexte pourrait transformer la vague espérée en reflux et fragiliser la domination de LR au Sénat, dont la moitié des sièges sera renouvelée en septembre.
« Les ambitions du RN se concentrent sur l’arc méditerranéen »
Le RN, lui, avance sur tous les terrains. Avec un nombre inédit de listes, il vise une implantation nationale, même dans des territoires peu favorables comme Brest ou Bordeaux, où les premiers sondages annoncent des scores à deux chiffres.
Mais ses ambitions se concentrent sur l’arc méditerranéen, de Menton à Perpignan, avec deux priorités : Toulon, quasiment acquise à la porte-parole Laure Lavalette, et Nice, où l’allié Eric Ciotti affronte son ancien mentor Christian Estrosi.
Nîmes, et surtout Marseille, pourraient également basculer sous certaines conditions.
Le parti d’extrême droite quadrille aussi les zones rurales, de l’Aude aux Vosges, en s’appuyant dans les petites villes sur des élus sortants présentés comme « sans étiquette ». Objectif : progresser au Sénat et sécuriser les 500 parrainages pour la présidentielle.
Dans le camp gouvernemental, les ambitions restent limitées. Edouard Philippe brigue un troisième mandat au Havre, tandis que François Bayrou devrait, sauf surprise, solliciter de nouveau la mairie de Pau.
Tous deux recevront le soutien de Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, ancien Premier ministre. Après son échec d’implantation en 2020, le parti présidentiel évite toute prétention excessive : il soutient Martine Vassal (ex-LR) à Marseille, Jean-Michel Aulas à Lyon et Pierre-Yves Bournazel (Horizons) à Paris, où une partie des soutiens était tentée par Rachida Dati. Renaissance présentera aussi ses propres candidats à Annecy avec Antoine Armand et à Lille avec Violette Spillebout.
A Bordeaux enfin, Thomas Cazenave, ex-ministre, et Nathalie Delattre, présidente du Parti radical, s’affrontent encore pour incarner le centre face à l’écologiste Pierre Hurmic.
Avec AFP






