La campagne municipale ne se limite pas aux plus grandes métropoles, ces villes françaises s’apprêtent à vivre des scrutins particulièrement observés en mars.
À Strasbourg, après une victoire éclatante des écologistes en 2020, la maire Jeanne Barseghian, 44 ans, doit désormais affronter une gauche fragmentée. Elle retrouvera sur sa route la socialiste Catherine Trautmann, 74 ans, ancienne maire à deux reprises, ainsi que le candidat insoumis Florian Kobryn, porté par les bons scores de LFI aux européennes. S’ajoutent également les candidatures de Pierre Jakubowicz, soutenu par Horizons, et de Jean Philippe Vetter (LR).
À Toulon, la figure médiatique du RN Laure Lavalette vise la conquête de la ville, profitant de l’affaire judiciaire ayant conduit Hubert Falco à être démis de ses mandats après 22 ans de mairie. La députée de 49 ans se retrouvera face au sénateur LR Michel Bonnus, choisi par Falco plutôt que son ancienne première adjointe Josée Massi, aujourd’hui maire, qui laisse planer le doute quant à sa candidature.

À Nice, un duel fratricide oppose Christian Estrosi, 70 ans, devenu proche d’Édouard Philippe, à son ancien bras droit Éric Ciotti, 59 ans, désormais allié au RN. Réélu en 2020 avec 60% des voix, Estrosi subit depuis des années les critiques de Ciotti, devenu son principal adversaire. La tension pourrait s’accentuer, d’autant que leurs noms apparaissent dans plusieurs enquêtes, sans poursuites à ce stade.
À Montpellier, le maire socialiste Michaël Delafosse, 48 ans, élu en 2020 grâce à une coalition de gauche, devra affronter certains de ses anciens partenaires. Les Insoumis présentent la députée Nathalie Oziol, 35 ans, tandis que l’écologiste Jean Louis Roumégas, 63 ans, mène le Printemps montpelliérain avec une alternative verte. Le milliardaire Mohed Altrad, crédité de 18% en 2020, n’écarte pas une candidature, tout comme l’ex maire Philippe Saurel.
À Roubaix, ville de 100.000 habitants, LFI espère réaliser une percée avec la candidature anticipée du député David Guiraud, 33 ans, portée par les divisions à gauche. Face à lui, le maire Guillaume Delbar, 54 ans, ex LR devenu macroniste, attend une décision de la Cour de cassation après une condamnation pour fraude fiscale, ce qui pourrait compromettre un troisième mandat. Cependant, Guiraud est accusé d’antisémitisme et jugé trop « borderline » par les écologistes, qui ont rejoint une liste commune avec les communistes, le parti radical de gauche et « Roubaix en commun », menée par Karim Amrouni, tandis que le PS n’a pas encore tranché.
Avec AFP






