À Nice, le débat sur un éventuel élargissement des horaires dans les crèches municipales s’attire les foudres du syndicat CGT NMCA. Les représentants du personnel dénoncent ce 10 juin une mesure qui serait pénalisante pour les agentes, qui luttent déjà au quotidien face au manque de moyens…
Vouloir aider les parents aux horaires de travail décalés part d’une intention compréhensible. Pourtant, dans les structures de la petite enfance de Nice, le retour de ce sujet dans l’actualité suscite une profonde colère. Lors des derniers débats du conseil municipal, l’opposition et la majorité étaient tombées d’accord sur l’insuffisance criante de l’offre pour les familles.
Attention, note la CGT cette semaine, étendre les amplitudes reviendrait à ignorer royalement la réalité vécue sur le terrain. Pour ces métiers exercés à plus de 99 % par des femmes, comment leur imposer de travailler plus tôt le matin ou plus tard le soir, alors qu’elles éprouvent déjà des difficultés majeures pour faire garder leurs propres enfants ?
Une promesse de campagne d’Éric Ciotti
Pour l’organisation syndicale, la mairie déplace simplement les difficultés organisationnelles sur le dos de travailleuses épuisées par une charge de travail croissante et des absences quotidiennes de plus en plus difficiles à remplacer.
« Notre syndicat demande à la municipalité de renoncer à tout élargissement des horaires des crèches municipales, et d’engager rapidement une consultation des représentants du personnel et des agents »
Pour les représentants du personnel, cette extension - ni concrète ni actée à date, cela étant - ressemble à une posture politique éloignée des besoins réels. La CGT réclame l’abandon pur et simple de la mesure et l’ouverture d’une consultation avec les équipes. Et d’exiger des investissements prioritaires pour stabiliser les effectifs, recruter durablement et respecter, enfin, le rythme des tout-petits. Complexe, dans un contexte où la commune a décidé d’un plan d’économies immédiates d’environ 50 millions d’euros lié à la baisse des impôts pour les propriétaires.
Pendant la campagne électorale, Éric Ciotti (UDR) s’était engagé à proposer, sous sept ans, 1000 places, à la fois via des équipements municipaux, des structures associatives et dans le privé, sans en préciser la répartition. Le nouveau maire avait aussi évoqué l’extension des horaires des accueils gérées par la commune, et le passage de 200 à 300 euros pour ce qui est de l’allocation réservée à ceux dont les pitchouï sont sur liste d’attente.
Ce que réclame la gauche
À l’occasion du dernier conseil municipal, la présidente du groupe d’opposition de la gauche écologiste Juliette Chesnel-Le Roux s’était saisie du sujet. « Je discute régulièrement avec le personnel des crèches et les équipes se sentent presque partout, sous-dimensionnées. Je veux ici d’ailleurs saluer leur travail, leur dévouement et la pénibilité, parfois, de leurs conditions de travail qui n’est pas suffisamment reconnue » avait-elle entamé, réclamant le nombre de sites en situation de suroccupation.
« Ce sont des milliers de places qui font aujourd’hui défaut. (…) Derrière cette réalité, il y a des parents qui renoncent à reprendre une activité professionnelle, des familles qui subissent des contraintes financières importantes et des enfants qui ne bénéficient pas des mêmes opportunités d’éveil et de socialisation ».
Parmi les idées concrètes, l’élue EELV appelait à un « plan ambitieux de création sur l’ensemble des quartiers de la ville, à renforcer les aides à l’installation des assistantes maternelles » et au « développement des structures collectives aux horaires atypiques, au-delà de 7h30-18h30 ». Mais avec des moyens pour le faire.






En même temps le combo cgt + gauche = allergie au travail. Il y a peut-être d’autres solutions mais donnez la parole aux bonnes personnes pour une fois…