Un quart des ménages français occupe un logement considéré comme largement sous-occupé, avec au moins trois pièces en trop, selon une nouvelle étude de l’Insee.
Au total, 7,6 millions de résidences principales sont concernées par cette sous-occupation, très majoritairement des maisons individuelles. Ces logements sont, pour les trois quarts, d’une superficie supérieure à 100 m².
Des logements trop grands dans un contexte de crise
Alors que le mal-logement progresse dans de nombreuses zones tendues, l’Insee révèle que 41 % des maisons et 4 % des appartements sont largement sous-occupés. Cela signifie qu’ils comptent au moins trois pièces de plus que nécessaire par rapport à la taille du ménage.
Les principaux habitants de ces grands logements en partie vides sont des personnes âgées de 60 ans et plus, installées depuis plus de vingt ans. “Leurs logements ont pu devenir trop grands avec le départ des enfants du domicile familial”, explique l’institut.
Un phénomène accentué par le vieillissement
Le taux de sous-occupation est passé de 22 % en 2006 à 25 % en 2022. L’Insee établit un lien direct avec le vieillissement de la population, de plus en plus nombreuse à rester dans des logements devenus trop vastes pour leurs besoins réels.
Parmi les ménages encore en activité, les agriculteurs sont les plus concernés par la sous-occupation très marquée (44 %), en raison de leur attachement aux maisons individuelles. Le taux tombe à 16 % pour les ouvriers et employés, mais atteint 27 % chez les cadres et 28 % pour les artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
Les cadres davantage concernés que les agriculteurs
Sur l’ensemble des maisons individuelles, celles occupées par des cadres sont encore plus souvent sous-occupées que celles des agriculteurs. Cette tendance se vérifie surtout dans les zones périurbaines et rurales, où les logements sont plus spacieux et moins coûteux au mètre carré.
La Bretagne est la région la plus touchée par le phénomène. Là-bas, près de la moitié des logements disposent d’au moins cinq pièces, un record national. L’Insee note aussi que la sous-occupation est davantage répandue dans les couronnes des grandes villes que dans les centres urbains denses.
Des habitants satisfaits de leur logement
Malgré le décalage entre surface et besoins, seuls 36 % des occupants de ces logements reconnaissent avoir plus de pièces que nécessaire. La grande majorité se dit satisfaite de ses conditions de vie. Seuls 9 % expriment un désir de déménager.
Pour l’Insee, un logement est dit largement sous-occupé s’il comporte au moins cinq pièces pour une personne seule ou un couple sans enfant, six pièces pour un couple avec un enfant, et ainsi de suite. Ces critères permettent de mesurer les écarts entre taille des logements et composition des ménages.
Avec AFP



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