La démission de Bertrand Méheut de la présidence du comité des rémunérations du Comité d’organisation des JO-2030 met en lumière de vives tensions internes. Dans un courrier relayé par plusieurs médias, l’ancien dirigeant de Canal+ dénonce une gouvernance qu’il juge défaillante, s’inquiète des délais et des coûts, et met directement en cause le rôle du président Edgar Grospiron. Une nouvelle secousse pour un projet déjà marqué par plusieurs départs récents.
Le message est sévère, le ton inhabituellement direct. Dans un mail adressé aux membres du comité des rémunérations, Bertrand Méheut ne mâche pas ses mots et alerte sur ce qu’il considère comme une situation préoccupante au sein du Comité d’organisation des JO-2030. Une sortie qui intervient au moment même où il annonce son départ, et celui de deux autres membres de cette instance.
Une démission qui s’ajoute à une série de départs au sommet
Ancien président du groupe Canal+ et ex-patron du Pari mutuel urbain, Bertrand Méheut a annoncé lundi qu’il quittait la présidence du comité chargé de donner un avis sur les rémunérations et avantages en nature des salariés des Alpes 2030, en particulier ceux des cadres dirigeants. Une information confirmée par une source proche du dossier à l’AFP.
Dans la foulée, deux autres membres du comité des rémunérations ont également fait savoir qu’ils quittaient leurs fonctions, même si leurs identités n’ont pas été précisées. Ces départs viennent renforcer l’impression d’instabilité au sein de l’organisation, déjà fragilisée par des démissions successives ces dernières semaines.
Début décembre, la directrice des opérations du Cojop, Anne Murac, avait en effet présenté sa démission. Puis, le 23 janvier, le directeur de la communication, Arthur Richer, avait à son tour quitté ses fonctions. Le retrait de Bertrand Méheut s’inscrit donc dans une séquence délicate pour la gouvernance du projet olympique.
Une gouvernance du Cojop jugée hors de contrôle
Dans son courrier, Bertrand Méheut insiste sur le rôle théoriquement central des instances de contrôle. Il rappelle que le comité des rémunérations, tout comme les comités d’éthique et d’audit, est un organe indépendant chargé de la surveillance et de la supervision du Cojop. Or, selon lui, ces structures ne rempliraient plus leur mission.
« Les organes de surveillance et de supervision du Cojop ne jouent pas leur rôle et restent insensibles aux messages d’alertes véhiculés par notre comité, qui est dans sa mission cependant », écrit-il, selon des extraits relayés par L’Equipe et Le Parisien.
L’ancien dirigeant va plus loin en évoquant une « dérive importante » du fonctionnement global. Une situation qui, précise-t-il, le conduit à « douter du succès du projet que ce soit en matière de délais et de coûts ». Des mots lourds de sens pour un événement d’ampleur internationale dont la préparation est scrutée de près.
Bertrand Méheut critique également la nature même de la gouvernance du Cojop. « Celle-ci est supposée duale, ce qui n’apparaît plus être le cas », écrit-il. Selon lui, le président Edgar Grospiron se comporterait comme un « président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence ». Une accusation frontale qui marque une rupture nette avec la communication institutionnelle habituelle.
La réponse du Cojop face aux critiques internes
Face à ces accusations, le Cojop a réagi lundi soir par un communiqué. L’organisation assure que « ce départ ne remet pas en cause la gouvernance de l’organisation ni les principes de transparence qui la guident ». Elle annonce également qu’un « processus de remplacement sera engagé dans les prochaines semaines afin de reconstituer le comité et reprendre ses travaux ».
Le Cojop rappelle enfin que le comité des rémunérations est une « instance externe », dont les membres sont désignés par le conseil d’administration, et qu’il joue un rôle « consultatif » sur les questions salariales et les engagements ayant un impact sur la masse salariale. L’organisation se dit « pleinement mobilisée pour garantir un cadre de gouvernance clair et conforme à ses engagements ».
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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